Berlusconi renversé par Verdi : la nouvelle révolution italienne

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Verdi

L’Italie fut longtemps un pays sachant mêler les performances culturelles et la révolte politique. Ainsi l’opéra était il devenu le lieu de la résistance à l’occupation austro-hongroise au 19ème siècle avec envie première ligne Verdi.

Le 12 mars 2010, Silvio Berlusconi a découvert probablement effaré la profonde colère de son peuple depuis la tribune officielle de l’opéra de Rome .

Riccardo Muti, le chef d’orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ». Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : «Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques –certains demandant « Muti, sénateur à vie ». Bien que ce soit déjà arrivé une fois par le passé, il ne voulait pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi:

Oui longue vie à l’Italie mais… [applaudissements] Muti : Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays… alors oui pour le “Va Pensiero” à nouveau. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait “O mon pays, beau et perdu”, j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment “belle et perdue”. [Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène] Muti : Depuis que règne par ici un “climat italien”, moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant…nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théâtre de la capitale, et avec un Chœur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut. un moment magique dans l’opéra. » « Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à nos politiciens ” et maintenant  admirez la politique vue par nos amis italiens :