L’histoire des impostures selon le Point

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Vercingétorix

Ne lançons pas la pierre à un seul média, toute la presse écrite a ses marottes, ses habitudes et année après année, sous nos yeux fatigués, apparait la litanie des articles estivaux.

Elle s’engage en général avec la “une” sur les reines de France, ces personnages “méconnus” mais jouant un tel rôle dans notre histoire. Elle s’achève par une série de classements qui sont au journalisme ce que les émissions de Dechavanne sont à la télévision (les plus belles femmes, les plus belles chutes, les scènes des bronzés préférées des français….)

Avant de nous stresser avec ses classements des meilleurs hôpitaux, grandes écoles, universités et quartiers les plus chers de Paris, le Point nous accorde toujours une grande étude historique signée par les plus grands noms (sic). Et cette année, après que mon cher père se soit délesté des 3,5 € réglementaires, je découvre que le thème choisi par FOG est “Les grandes impostures de l’histoire”, dossier dirigé par l’excellent François Guillaume Lorrain spécialiste absolu de l’exactitude historique. En effet il s’agit (je cite)  “d’un journaliste, écrivain et traducteur français. Il est l’un des critiques de cinéma de l’hebdomadaire Le Point. Auteur de quatre romans, il est également traducteur d’œuvres italiennes”  … Nous voici rassurés!

Moi qui adore l’histoire romancée (vraiment), adepte de Sissi Impératrice et des versions de Michelet de la grandeur de la France, je me dis que je vais en prendre pour mon grade et que bien des mythes vont s’effondrer dans mon esprit en attente de nouveautés.

Nos pseudo-ancêtres par Jean-Louis Brunaux (vrai historien, chercheur au CNRS et spécialiste de la “période” gauloise). Je vous résume le propos : l’histoire officielle française à varier selon les régimes politique qu’elle servait sur la question gauloise. Avant la renaissance personne ne parle des Gaulois qui ne font leur entrée dans nos études historiques qu’avec la découverte des auteurs antiques. On en fit d’abord des ancêtres des roturiers, l’aristocratie descendant des germains. Louis XIV (selon l’auteur) a préféré qu’il soit écrit que les français descendaient des deux branches sans distinction. Sous la Révolution, l’abbé Sieyès revient à la version précédente pour justifier la lutte contre les privilèges indument acquis des héritiers de l’envahisseur germain au détriment des fils du peuple Gaulois … Ce serait au XIX ème siècle que le mythe de nos ancêtres les Gaulois aurait pris définitivement forme pour garantir l’unité nationale avec pour figure paternelle Vercingétorix (auquel on aurait ajouté des moustaches pour faire plaisir à Napoléon III …)

Je vous ferai grâce des autres articles où l’on apprend que Attila n’était pas si méchant; qu’en fait on sait bien peu de choses de Clovis; que la victoire de Charles Martel sur les arabes à Poitiers en 732 n’avait pour seul but que de d’asseoir son pouvoir sur l’Aquitaine et pas d’arrêter une grande invasion imaginaire; que Hugues Capet n’était pas un usurpateur (qui croyait ça???);  que Charlemagne était illettré et que s’il a encouragé à entretenir des écoles, il n’a pas, à proprement parlé “inventer l’école”; que la grande peur de l’an mille n’a pas existé; que la vie de Jeanne d’Arc est en fait méconnue; que l’histoire des bourgeois de Calais est réelle mais qu’elle a fait l’objet d’une mise en scène politique… et j’en passe …

Au terme de cette lecture relativement lénifiante j’en viens à me demander si ce n’est pas de vendre un hebdomadaire 3,5 € qui relève de l’imposture …


 

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