pour qui roule M. Blumenfield?

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On en parle depuis 1984 : une ligne TGV reliant San Franciso à Sacramento, un contrat de 41 milliards de $. C’est le rêve d’Arnold Schwarzenegger depuis qu’il est gouverneur de Californie et de la SNCF qui en 25 ans n’a jamais lâché l’idée du plus gros contrat de son histoire.

Les Californiens ont exaucé ce rêve dans son principe lors de la série de référendums qui accompagnaient le scrutin présidentiel de 2008 , ils ont voté en faveur du TGV californien validant une révolution culturelle dans un pays où l’avion et la voiture règnent en maîtres.

Mais voila en Californie comme ailleurs rien n’est simple et le combat économique et industriel se fait parfois grâce à des armes immondes et des coups bas misérables !

Le démocrate Bob Blumenfield a en effet présenté un projet de loi devant le congrès de Californie propose d’imposer à tout candidat à un gros contrat dans la future ligne à grande vitesse d’expliquer son rôle éventuel dans le transport des prisonniers vers les camps de travail, de concentration ou d’extermination entre 1942 et 1944.

M. Blumenfield estime que “depuis des années, la SNCF refuse d’assumer sa responsabilité pour son rôle dans l’Holocauste. Cette compagnie vient en Californie et veut une part du plus gros contrat de toute l’histoire de notre État. Je pense que si une compagnie veut recevoir notre argent, celui de l’impôt des Californiens, alors elle doit assumer ses responsabilités pour ses actions passées».

Tout cela est naturellement inexact puisque la SNCF comme la France assument leurs responsabilités historiques notamment depuis la présidence de Jacques Chirac sans pour autant tomber dans les repentances un peu faux-cul tellement spécifiques à la culture anglo-saxonne. Tout cela est une histoire de gros chèques et probablement de commissions sur les contrats publics … décidément le modèle démocratique américain ne peut être pour nous un exemple à suivre tant il est contraire à nos idéaux républicains sur le fonctionnement de l’Etat et le rôle des élus.

Nous observerons avec un certain agacement le nombre de contrats commerciaux signés entre les Etats-Unis d’une part et l’Allemagne, l’Italie ou le Japon en 2010 et je ne doute pas que les donneurs de leçons et moralisateurs contemporains trouveront dans la presse française des plumes talentueuses pour croire sincèrement qu’il ne s’agit que d’histoire et de mémoire, fermant stupidement les yeux sur une simple stratégie au services d’entreprises privées…

Qui paye M. Blumenfield?

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