Un chien a beau avoir quatre pattes il ne peut pas suivre deux chemins à la fois

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Katiba

Je ne suis pas naturellement adepte des livres sur lesquels, accolés au nom de l’auteur, apparaissent ces quelques mots : “de l’Académie française“. Et pourtant comment ne pas avouer le bonheur quasi béat qu’on prend à la lecture de Katiba de l’ex-ambassadeur Jean-Christophe Rufin.

L’auteur nous plonge dans une rocambolesque histoire d’espionnage et de terrorisme de Paris à Washington et surtout du Sud algérien au Mali  et à la Mauritanie. Le désert immense et riche habite pleinement ces pages avec en accompagnement quelques portraits merveilleux.

On retiendra, comme mise en bouche, la description pointilleuse du monde du renseignement américain et de son sentiment d’abandon suite à la défaite électorale de l’administration républicaine. Pleine de ses certitudes, nourries de la complexité des rapports entre intérêts personnels et service de la “cause”, cette société à part entière nous apparait dans toute son ambigüité, si pitoyable et tellement efficace.

Le portrait des diplomates français est quant à lui simplement exaltant ! Fonctionnaires avides de titres et de reconnaissance sociale dont le seul talent réside à mépriser leurs inférieurs et à glorifier leur subconscient au travers de missions proches de celles du maitre d’hôtel …

Je pourrais continuer ainsi au risque de déflorer la volupté des pages de Rufin mais je me contenterai de signaler à votre sagacité quelques lignes perdues au milieu de l’histoire; celles qui ont trait à l’Algérie de la fin du XXème siècle et à la tentative de l’auteur d’expliquer le cheminement qui peut amener des êtres équilibrés à être pris en étau entre deux haines, celle vouée à l’occident dominateur et l’autre, plus terrible encore, la haine de l’espoir perdu que fut pour certains l’islam dévoyé.

 

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