Le Labour s’offre un nouveau leader et un combat fratricide

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David (à gauche) et Ed Miliband (à droite

“Quelques minutes avant que les résultats de l’élection à la tête du Labour ne soient connus,David Miliband affichait un grand sourire. Faisant imaginer aux commentateurs politiques qui s’étaient déplacés en masse à Manchester, ce samedi 25 septembre, pour connaître l’issue de quatre mois et demi de campagne, qu’à 45 ans il s’apprêtait à être le vainqueur. Et à remplacerGordon Brown à la tête d’un Parti travailliste qui a dû céder le pouvoir au conservateur David Cameron en mai. Finalement, c’est Ed, son cadet de cinq ans, qui l’a emporté.

Les autres candidats – Ed Balls, ancien ministre de l’éducation de M. Brown, Andy Burnham, en charge de la santé pour le même gouvernement, et Diane Abbott, une simple députée connue pour se situer à la gauche du parti et avoir été la première femme noire à entrer à Westminster – savaient que la bataille se joueraient entre les deux Miliband.

SOUTIEN MASSIF DES SYNDICATS

Mais jusqu’à peu, David semblait sûr de l’emporter. Plus âgé, plus expérimenté, favori des bookmakers, l’ancien ministre des affaires étrangères de M. Brown se préparait depuis longtemps déjà à la fonction. Il avait choisi en 2007, lorsque Tony Blair a cédé la place à M. Brown au 10 Downing Street, de ne pas contester l’autorité de ce dernier. En 2009, malgré plusieurs tentatives de putshs internes contre le leader du Labour alors très impopulaire, M. Miliband était resté loyal, attendant son heure.

Il s’en est fallu de peu. Et le soutien des élus tout comme des militants – le leader du Labour est élu par trois collèges pesant chacun pour un tiers des voix : les membres du parti, les députés de Westminster et de Strasbourg et les syndicats – n’a pas suffi. Ed a fait la différence grâce au support massif des syndicats. In fine, l’écart entre les deux frères s’est avéré extrêmement serré : Junior a obtenu 50,65 % des voix, son aîné 49,35 %.

“NOUS AVONS PERDU LE CONTACT”

Le nouveau leader du Parti travailliste a fait une campagne plus à gauche que son aîné, qui lui a valu le surnom de “Ed le rouge”. Il a banni de son vocabulaire le New Labour, souvent jugé trop à droite par les électeurs travaillistes, promis à ses troupes un recentrage à gauche, au cœur de l’électorat du Labour. “Nous avons perdu les élections [de mai]. Parce que nous avons perdu la confiance. Parce que nous avons perdu le contact” avec notre base, a-t-il rappelé samedi, après sa victoire.

David, lui, comme Tony Blair avant, voulait rassembler au-delà des frontières traditionnelles du parti et séduire ces classes moyennes dont le vote, pense-t-il, est indispensable pour être élu premier ministre. D’ailleurs, dans les sondages effectués auprès de tous les Britanniques, de droite comme de gauche, il était, là aussi, le favori. Il faut dire aussi que Ed, moins connu du grand public que David, avait l’air plus nouveau. Et moins lié à ces treize années de pouvoir du New Labour dont les Britanniques ne voulaient plus entendre parler.”

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