Loi sur l’immigration – le discours de la peur n’est pas là où on l’attend

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Souvenez vous il y a quelques semaines ces manifestations dans tous les Etats-Unis contre la réforme de la sécurité sociale d’Obama… des milliers d’américains réunis pour hurler leur colère contre cette politique « socialiste » voire « communiste » …

A l’époque nous pensions que la droite américaine était « ridicule et pathétique » du fait de son extrémisme dans l’insulte et l’aveuglement politique…

Je ne sais pas vous mais j’ai le sentiment de vivre la même chose en France quand j’entend hurler au « fascisme » du Gouvernement et de Nicolas Sarkozy… Comme si ce dernier inventait le thème de la lutte contre l’immigration, comme ci ce n’était pas un thème ultra traditionnel d’une majorité de droite … comme si cette politique répressive n’était pas l’essence même de la droite fut elle républicaine et démocratique.

Je ne porte aucun jugement de valeur sur le fond de la politique du Gouvernement, ce n’est pas là l’objet de ces lignes, mais je renie sincèrement cette pratique contre-productive de l’opposition médiatique qui use et abuse de fatwas républicaines et médiatiques et d’une vision manichéenne de l’action publique.

Nicolas Sarkozy n’est pas plus fasciste que Martine Aubry n’est communiste. Les anathèmes lancés par une horde de bobos empêchent la gauche et toute l’opposition de se concentrer sur le débat de fond et sur l’émergence d’une politique alternative à celle du pouvoir en place.

Les manifestations monstres, les insultes de la presse, les colères intellectuelles et les anathèmes lancés au nom de la démocratie, qu’ils soient justifiés ou non, n’ont jamais permis de débarquer Berlusconi du pouvoir en Italie alors attention à cette diabolisation de Sarkozy qui pourrait créer bien des désillusions en 2012.

Ci dessous un petit article du Monde sur les origines des lois sur l’immigration

Le projet de loi sur l’immigration présenté par Eric Besson, dont l’examen à l’Assemblée nationale a débuté mardi 28 septembre, est le quatrième texte sur ce thème initié sous la conduite de Nicolas Sarkozy depuis 2003, en tant que président de la République ou ministre de l’intérieur.

Depuis presque une décennie, le chef de l’Etat a fait des questions d’immigration l’une de ses spécialités. Mais il s’inscrit également dans une tradition caractéristique de la droite de gouvernement depuis l’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing en 1974.

Dans un contexte marqué par deux chocs pétroliers, une forte récession et un chômage de masse, Giscard et ses gouvernements ont été conduits à remettre en cause l’arrivée massive de travailleurs étrangers venant des anciennes colonies françaises. Sont alors mises en places mesures et lois destinées à réguler l’immigration (suspensions temporaires des immigrations de travailleurs et familiales, aides au retour volontaire, retours forcés…).

HARO SUR L’IMMIGRATION CLANDESTINE

Christian Bonnet, ministre de l’intérieur de 1977 à 1981, et Lionel Stoléru, secrétaire d’Etat chargé des travailleurs manuels et immigrés, sont les deux maîtres d’œuvre de cette politique. Ce dernier, invité en 1977 sur Antenne 2, justifie le coup d’arrêt porté à l’immigration, niant tout racisme et rejetant l’idée selon laquelle les Français ne seraient pas capables de “vider les poubelles chez soi”.

Dans les années 80, les gouvernements de gauche s’emploient à casser ce mouvement et régularise des dizaines de milliers d’étrangers. Dans le même temps, la France assiste à la montée du Front national. Associant les thèmes de l’immigration, de l’insécurité et du chômage, il recueille 14,4 % des voix à la présidentielle de 1988. Avec la “marche des beurs” et l’émergence de l’association SOS-Racisme, le sujet prend une place de plus en plus importante.

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