J’ai rencontré la mythomanie…

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La vérité
La vérité

Soyons honnêtes, qui n’a pas, un instant dans sa vie, été un gentil mythomane ? Qui ne s’est pas inventé une maladie pour sécher les cours ou fuir une pesante réunion ? Qui n’a pas, l’espace de quelques minutes ou de quelques heures, laissé vagabonder son esprit sur des chemins où la raison défaille, là où nous sommes tous beaux, riches, aimés par les meilleurs et reconnus pour des qualités qui nous sont ici bas inconnues ?

Cette réalité onirique appartient d’abord au monde de l’enfance et laisse comme traces incroyables des chefs d’œuvres de la littérature tels que les contes de Grimm ou Alice au pays des merveilles. Pour votre information moi j’étais le lapin bleu ou rouge (je devrais demander à ma mère …) qu’importe nous avons tous notre part de rêves enfantins qui subsiste dans nos nuits d’adulte.

Mais qu’est ce alors que la mythomanie ?

Selon mon bon vieux Wikipédia préféré « La mythomanie, également désignée par le terme de pseudologia fantastica, est un terme désignant une propension au mensonge compulsif. Le terme a été inventé en 1905 par l’aliéniste Ernest Dupré pour entre autres décrire un des traits de l’hystérie. Il désignait ainsi une tendance constitutionnelle présentée par certains sujets à altérer la vérité, à mentir, à créer des fables imaginaires (fabulations), enfin à imiter des états organiques anormaux qu’il voyait comme des simulations, d’où le lien à l’hystérie. On peut distinguer la mythomanie chez l’enfant, que Dupré avait décrit de manière détaillée et qui était sensée évoluer plus ou moins naturellement vers une meilleure appréhension de la réalité, et la mythomanie de l’adulte qui peut s’associer à l’hystérie, à d’autres névroses, aux perversions ou même aux psychoses. En psychiatrie, et à part pour Dupré, la mythomanie est rarement considérée comme un symptôme isolé ce qui fait que le concept est la plupart du temps traité en association avec les autres troubles auxquels elle est associée. »

Oui j’ai rencontré la mythomanie !

Je l’ai rencontrée au détour d’une bière et d’un échange d’idées, je l’ai rencontrée en chair et en os et elle ne m’a plus quittée pendant plusieurs mois. Au début, la mythomanie est distrayante ; elle a plein d’histoires à raconter sur ses combats, ses amis, ses amours. La mythomanie se croit belle et attirante ; quoi de plus normal ? Ses amours sont différentes, elle est entourée de bombes sexuelles qui se vendent à la beauté mais s’offrent gratuitement à la mythomanie.

Elle a des relations et du pouvoir. Bien sur, tout ce qui compte à Paris ne pense que grâce à la mythomanie qui est seule à agir, à penser et à construire.

La mythomanie a des ennemis, ceux qui refusent de lui donner toute la place dont elle a besoin pour vivre. Elle a des drames, des amis perdus au bout du monde, des maladies mortelles qui s’installent sans prévenir le mardi et sont soignées le samedi. Elle est parfois seule, abandonnée par les misérables « autres » alors elle pense à en finir, à priver le monde de sa lumière ; pour le seul plaisir de voir les ingrats pleurer à genoux devant sa dépouille. Elle pourrait le faire ! n’a t’elle pas dans sa famille les gènes des plus grands serial killer d’Europe ? La mythomanie est la plus puissante même dans le crime.

J’ai rencontré la mythomanie. Elle est triste. Elle porte toute la douleur d’un être inachevé, sans histoire et sans avenir ; un être sans vie qui pour survivre doit piocher dans la vie des autres. Un être dont les passions sont sans lendemain car sans racine.

J’ai rencontré la mythomanie. Elle m’a amusé, elle m’a fait de la peine dans sa solitude et sa détresse, elle m’a fait peur par ses colères et ses abandons.

Aujourd’hui, d’un seul trait de plume, j’ai définitivement effacé la mythomanie de mon carnet d’adresse. Elle s’attaque désormais à d’autres vergers, peut être les derniers. Plus le temps passe plus elle est faible ; un trait de plume, c’est tout ce qu’elle représente ; un souffle tiède et fétide.

J’ai rencontré la mythomanie ; elle était seule. Quoi de plus normal ?

4 thoughts on “J’ai rencontré la mythomanie…

  1. Je l'ai rencontrée aussi. Moi c'était les menaces diverses jusqu'au maintien d'un grand couteau sous le visage ! Dans une main raisonnée et amicale, point d'angoisse, mais dans la main mythomane et érotomane, ce fut juste un réel moment d'effroi !
    Et le pire, mon cher auteur, c'est que cette mythomanie, c'est la même que la vôtre !!!
    Je lui dois cependant de belles rencontres, comme quoi Hadès a pu être le père de Makaria…

    1. "Et le pire, mon cher auteur, c’est que cette mythomanie, c’est la même que la vôtre !!!" chère Paulette vous ne voulez pas parler de ma mythomanie mais bien de la mythomanie qu'il nous a été donné de rencontrer :-))

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