La chute des géants – Le siècle 1 par Ken Follett

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La chute des géant 1er tome d'une trilogie du siècle dernier
La chute des géant 1er tome d’une trilogie du siècle dernier

J’en conviens, j’aurais pu choisir un titre plus accrocheur pour ce post matinal. J’aurais pu l’intituler « J’ai rencontré un auteur » mais cela aurait, en fait, été une déformation de la réalité car cela fait bien longtemps que je me délecte des mots de ce Gallois de 61 ans. Les piliers de la terre, Un monde sans fin ou La marque de Windfield ont fait de moi un fan de ces gros bouquins où se mélangent allègrement les histoires et l’Histoire.

Voilà ce qui fait l’originalité de Follett. Il n’est pas Grisham ou Cussler qui s’enferment dans une thématique ou un personnage récurrent. Bien sur on aime, dans le métro, les gares, sur le sable chaud ou mieux sous une couette chaleureuse de laisser aller, en terrain connu, avec un personnage toujours beau, courageux même téméraire, aux plaisirs insensés de la lecture facile qui nous écarte, pour une nuit, des inquiétudes du quotidien. Follet, lui, nous intrigue et nous surprend. Comme les auteurs américains il aime à nous vendre du papier plein d’espionnage et d’intrigues faciles (Les lions du Panshir ou Le troisième jumeau). C’est agréable et distrayant. Mais régulièrement, en se baladant dans les rayons d’une librairie, vous allez découvrir des pavés qui vous appellent du regard … des pépites !

Du banc des écoles victoriennes au champs de batailles de l’Oural en passant par les constructeurs de cathédrales du XII ème siècle, Ken Follet sort de son rôle d’auteur de romans de gare pour se plonger dans le roman historique de qualité.

Pourquoi préférer les romans historiques aux ouvrages universitaires ?

Voilà une vraie question à laquelle répond pleinement La chute des géant. J’adore l’histoire, ses détails, ses incertitudes, ses relations de cause à effet et que sais je encore. J’aime l’histoire parce que c’est notre vie et probablement le plus beau roman jamais écrit. C’est donc en amoureux transi que j’assistais, du collège à l’amphi Montesquieu de l’allée Ausone, à ces cours où l’on nous racontais des histoires merveilleuses et cruelles. Pourtant, je restais relativement hermétique aux drames de la première guerre mondiale. Trop lointaine, trop impressionnante ? L’assassinat de l’archiduc, les déclarations de guerre en rafales, les généraux ignares, les politiciens véreux, les tranchées crasseuses, la révolution Bolchévique, la chute des rois, Kaiser, Tsar … La seule émotion que je su retirer de tout cela vint de la voix de l’actuel Ministre de la Culture. Pour le reste… hermétique.

Ken Follet commence son roman en 1911 avec quatre lignées principales : un fonctionnaire américain, deux familles galloises, un aristocrate allemand et deux frère russes. De ce point de départ, il fait revivre la montée des péril, il lui donne corps au travers des drames humains et intimes de ces personnages. Il montre sous un nouveau jour la puérilité pathétique des déclarations de guerre. Il arrive, l’espace d’une centaine de pages, à nous faire espérer qu’à un moment un homme va se lever pour faire taire ceux qui hurlent que cette guerre sera terminée pour Noel 1914. Il fait revivre la moindre horreur, chaque bouleversement social provoqué par ce suicide collectif européen.

Alors bien sur c’est un roman, une saga familiale et historique ; bien sur Ken Follet n’est pas Jean d’Ormesson ; bien sur les historiens vont détester et les prétentieux issus de salons littéraires imaginaires vont mépriser à souhait ; mais moi j’aime et quand j’aime je le dis ou plutôt je vous l’écris.

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