J’ai rencontré Patrice Chéreau au Musée du Louvre

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Patrice Chéreau
Patrice Chéreau

Tout commence un mardi soir. Le Louvre est abandonné. Pas de touriste, pas de flash, pas de bruit… une simple enfilade de couloirs étroits, d’escaliers imposants… En fait, il fait froid.

Chacun passe sans jeter plus qu’un œil blasé aux œuvres immenses que nous croisons au pas de course. Nous voici entassés sur des banquettes placées à la hâte dans le salon Denon. Le site du Louvre vous apprendra que si “la salle des États était destinée à accueillir, à partir de 1859, les grandes séances législatives sous Napoléon III, elle perd en 1878 son premier décor allégorique ce qui n’est pas le cas de son vestibule, le salon Denon (nommé ainsi en l’honneur du premier directeur du musée du Louvre, sous Napoléon ler) qui lui fait suite : l’extraordinaire plafond peint par Charles-Louis Müller exalte le mécénat d’État en France. Ce vestibule associait les deux fonctions (monarchique et artistique) du palais du Louvre car il commandait également deux galeries de peintures (maintenant salle Daru et salle Mollien).”

Je m’égare …  revenons à ce fameux mardi soir où j’ai rencontré Patrice Chéreau…

Patrice Chéreau a en effet été Invité à concevoir une exposition au Louvre. Il met ainsi en scène une quarantaine de peintures issues des collections du musée du Louvre, du Centre Georges-Pompidou, du musée d’Orsay…

La salle Restout, où est organisée l’exposition Les visages et les corps, est « doublée » par une galerie presque secrète, le couloir des Poules, où, sous le titre Derrière les images, seront présentés des croquis de mises en scène, des esquisses et maquettes de décor, mais aussi des archives inédites qui évoquent l’univers du metteur en scène.

Pour ma part je venais assister à une représentation exceptionnelle de Rêve d’Automne de Jon Fosse mise en scène par Chéreau avec Valeria Bruni-Tedeschi, Marie Brunel, Pascal Greggory, Michelle Marquais, Bulle Ogier, Clément Hervieu-Léger (de la Comédie-Française), Alexandre Styker et Bernard Verle.

Je commencerai donc par vous dire tout le bien que je pense des acteurs et du metteur en scène qui font retrouver à ce lieu historique une âme en vie l’espace de quelques heures. Ce qui est le comble finalement pour une pièce dont le thème principal est de voir s’éteindre la vie des personnages…

Car c’est bien de cela dont il semble s’agir … des gens qui vivent et meurent. Certains trouvent que le norvégien Jon Fosse “est un poète…”; au risque de passer pour un crétin je trouve personnellement que c’est un escroc !

Sur le papier, c’est magnifique : un homme et une femme qui se sont connus il y a longtemps se retrouvent dans un cimetière (par hasard?), ils se reconnaissent dans un combat qui les conduira, à travers les générations qui les précèdent et celles qui les suivent, de la vie à la mort (Le musée comme un cimetière ?). “L’ombre envahissante du désir et du deuil unis dans un même mausolée, un rêve en automne, des visages qui aiment tant et souffrent trop, le désir sexuel inassouvi.”

Le bobo parisien est en extase… et on s’ennuie et se lamente … on se dit que parfois le métier d’acteur est difficile… au point de devoir répéter deux ou trois fois de suite la même phrase car un norvégien tellement “hype” trouve que c’est une forme de style passionnante …

2 thoughts on “J’ai rencontré Patrice Chéreau au Musée du Louvre

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