Gbagbo s’impose au pouvoir (Via AFP) suite

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Le président sortant Laurent Gbagbo, dont la réelection est vivement contestée par l’opposition et la communauté internationale, a prêté serment samedi 4 décembre comme président de la Côte d’Ivoire. Le Conseil constitutionnel l’avait proclamé vendredi vainqueur de la présidentielle du 28 novembre, invalidant les résultats de la commission électorale qui donnaient son rival Alassane Ouattara en tête avec 54,1 % des voix.

“Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les droits et libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation”, a-t-il déclaré en prêtant serment au palais présidentiel à Abidjan. “Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois si je trahis mon serment”, a-t-il ajouté lors d’une cérémonie devant une très nombreuse assistance.

“INGÉRENCES”

Surnommé “le boulanger” pour sa faculté à rouler ses opposants dans la farine, celui qui dirige le pays depuis dix ans a également dénoncé des “ingérences”étrangères. Les Nations unies, les Etats-Unis, l’Union européenne, la France et la Belgique ont reconnu ces dernières heures la victoire d’Alassane Ouattara et appelé Laurent Gbagbo à admettre sa défaite.

Le premier ministre ivoirien Guillaume Soro a lui-même déclaré samedi devant la presse à Abidjan qu’il reconnaissait son ancien allié Alassane Ouattara comme président, et qu’il allait lui remettre la démission de son gouvernement.

SARKOZY : “OUATTARA EST LE PRÉSIDENT ÉLU”

Dans une déclaration au premier jour de sa visite en Inde, Nicolas Sarkozy avait appelé samedi dans la matinée au respect de “l’élection incontestable” de l’ancien premier ministre Alassane Ouattara. “Je lance un appel à tous les dirigeants et responsables civils et militaires (ivoiriens) pour qu’ils respectent la volonté du peuple et s’abstiennent de toute initiative de nature à provoquer la violence”, a déclaré le président français, en évoquant “les résultats qui marquent une nette et incontestable victoire pour Alassane Ouattara”.

“Je me suis entretenu cette nuit longuement au téléphone avec le secrétaire général des Nations unies, avec le président Gbagbo et avec le président élu Alassane Ouattara. J’aurai aujourd’hui un autre entretien avec le président Gbagbo“, a-t-il ajouté. “Un président est élu en Côte d’Ivoire. L’ensemble de la communauté internationale et les Nations unies l’ont reconnu. Ce président est Monsieur Alassane Ouattara”, a-t-il déclaré à la presse.

Cette investiture s’est déroulée dans un climat de violences à Abidjan, marquées par au moins deux morts dans la nuit et des protestations de jeunes opposants dans les rues. Comme ils l’avaient fait la veille après la proclamation de la victoire de Laurent Gbagbo, des centaines de jeunes en colère sont sortis au petit matin, dans le quartier populaire de Koumassi (sud), pour ériger des barricades et mettre le feu à des pneus ou des bouts de bois, dans une ambiance électrique.

Selon une source militaire, des barricades avaient également été érigées dans la matinée par des manifestants sur le boulevard Giscard d’Estaing, principale artère d’Abidjan reliant l’aéroport au centre administratif et des affaires du quartier du Plateau. Ces barricades ont été rapidement levées.

 

 

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