Le Suicide politique de Nick Clegg ou pourquoi le centrisme est autodestructeur ?

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Nick Clegg

Nick Clegg vous ne vous souvenez peut-être pas de ce nom et pourtant il est, outre-manche sur toutes les lèvres depuis plus d’un an. C’est l’homme qui a ramené le vieux parti libéral, devenu libéral démocrate, au pouvoir après une longue traversée du désert … imaginez, le dernier Premier ministre britannique libéral a quitté le pouvoir en 1916, il s’agissait de Herbert Henry Asquith.

Nick Clegg se rend célèbre en écrasant Gordon Brown et David Cameron lors des débats télévisés organisés pour les élections générales de 2010. Il fait gagner 10 points à son parti dans les sondages faisant de lui un potentiel vainqueur des élections et dans tous les cas un partenaire incontournable.

Nick Clegg joue sur le franc parler et s’appuie sur un programme clair et ambitieux, il propose ainsi qu’aucun citoyen britannique ne paie d’impôts sur les 10  000 premières livres qu’il gagne par an, quelque soit sont revenu final. Il souhaite également taxer annuellement les très grosses propriétés (de plus de 2 millions de livres) avec une sorte de taxe foncière de 1% (Mansion Tax). Il a la même obsession que François Bayrou pour le retour à l’équilibre des comptes publics. Enfin, et c’est là ou je veux en venir, en matière d’éducation, il a annoncé vouloir réduire les effectifs d’élèves par classe, instaurer l’autonomie des établissements scolaires et investir massivement dans l’éducation pour réduire de manière importante les frais de scolarité à la charge des familles afin de parvenir à terme à leur suppression pure et simple.

Oui mais voilà, tel Bayrou ou Prodi, le prodige des sondages s’est vautré dans les urnes. Non seulement les Lib Dem n’ont pas fait 34 % des suffrages mais ils ont même perdu des sièges. Clegg a fait alors le choix inverse du leader modemien en s’alliant avec la droite conservatrice en en acceptant le poste de Vice-Premier ministre. Au début le couple semblait favoriser le démocrate. Très populaire, le « VPM » apparaissait comme celui qui adoucissait la politique d’austérité de David Cameron mais le 9 décembre dernier le Parlement vote la loi autorisant les universités à tripler leurs frais d’inscription, avec le soutien de Nick Clegg, de son parti et de ses députés. Cette trahison des engagements met fin à la lune de miel avec l’opinion. Selon une enquête Ipsos Mori publiée hier, le vice-Premier ministre britannique a perdu la confiance des électeurs, opposés aux deux tiers à la hausse des frais universitaires. Plus grave, un autre sondage montre que près de la moitié des électeurs «Lib Dem» ne revoteront pas pour le parti centriste lors des prochaines élections législatives.

Une question me taraude … que ce serait il passer si Bayrou avait accepté l’alliance à gauche ou à droite ?

IGTBB

 

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