Les verts préparent l’explosion d’Europe Ecologie à coups d’expulsions et de propos vindicatifs

Share

Sur Le Post, Jean-Vincent Placé, ex-numéro deux des Verts, revient sur la démission de Jean-Paul Besset. Et s’oppose à la large ouverture prônée par Cohn-Bendit.

Sal temps chez les écolos. La greffe entre les “vieux” militants des Verts et les “jeunes” sympathisants d’Europe Ecologie a du mal à prendre.

Les deux composantes doivent ne faire qu’un dans le nouveau mouvement né du rapprochement d’Europe Ecologie et des Verts, il y a un peu plus de trois semaines, à Lyon. Ce mouvement, appelé justement “Europe Ecologie-Les Verts”, compte plus de 15.000 adhérents.

Illustration de ce malaise : lundi, l’eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot, a quitté la direction du nouveau mouvement, qu’il devait codiriger avec Cécile Duflot. Sa mission aurait été justement de veiller à l’équilibre entre les partisans des deux structures.

Mais il a décidé de jeter l’éponge, constatant avec amertume que “la fusion-dépassement n’a pas eu lieu” dans sa lettre de démission dont Marianne 2.fr publie une copie. L’écologiste dénonce aussi un “climat délétère de guerre froide” entre les partisans d’Europe Ecologie et les Verts. Le nom de Philippe Meirieu, vice-président de la région Rhône-Alpes, est avancé pour le remplacer.

Sur Le Post, l’ex-leader d’Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit a regretté mardi que “les Verts occupent le terrain” face aux membres d’Europe Ecologie dans le nouveau mouvement.

La secrétaire nationale du mouvement, Cécile Duflot, a dit “comprendre” la décision de Jean-Paul Besset, tout en soulignant que chacun doit “être capable de mettre de côté (ses) petites différentes…”, mardi, sur BFM TV.

Jean-Paul Besset “a raison de nous alerter sur les jalousies et les affrontements excessifs pour prendre le pouvoir au sein de l’organisation”, a déclaré de son côté Yves Cochet (ex-Verts) à L’Express.fr.

Contacté par Le Post, l’ex-numéro deux des Verts Jean-Vincent Placé, par ailleurs vice-président de la région Ile de France, reconnait “des difficultés” mais pense qu’il faut “du temps” pour “faire l’amalgame entre les anciens des Verts et les nouveaux d’Europe Ecologie”. S’il affirme que ses relations avec Cohn-Bendit se sont apaisées, il n’est pas prêt à ouvrir le parti aussi largement que le voudrait “Dany”.

Que pensez-vous de la démission de Jean-Paul Besset ?
“Je la regrette. Jean-Paul est un ami. C’est un intellectuel engagé, un type bien… Peut-être a-t-il ressenti une forme de lassitude devant les difficultés auxquelles nous sommes confronté. Mais maintenant, il faut se tourner vers l’avenir.”

Des difficultés qui pourraient remettre en cause le nouveau mouvement ?
“Non, il n’y a pas de rupture entre les deux structures. Je reconnais qu’il y a des difficultés mais elles ne sont pas insurmontables. Et elles sont modestes par rapport à celles du PS ou du Parti de gauche ! Cela prend du temps de faire l’amalgame entre les anciens des Verts et les nouveaux d’Europe Ecologie. Je ne suis pas surpris de ce qu’il se passe. Jean-Paul Besset a beaucoup oeuvré pour l’existence de ce mouvement unique. Son coup de pied dans la fourmilière nous permet au moins de nous retrouver et de plus communiquer entre nous.”

Que pouvez-vous améliorer concrètement ?
“Le lien Paris – Bruxelles peut être amélioré [entre les députés écolos et les eurodéputés, ndlr]. Nous avons besoin d’une cohésion plus forte entre nous.”

Cohn-Bendit constate presque fataliste qu’“il y a deux cultures différentes entre les Verts et Europe Ecologie”
“La fusion va se faire progressivement.”

Cela va mieux entre lui et vous ? Vous vous êtes pas mal accrochés ces derniers mois…
“Ça va beaucoup mieux. Nous nous parlons beaucoup plus avec Daniel Cohn-Bendit. Ensemble, nous allons d’ailleurs proposé de co-animer les discussions programmatiques avec le PS, qui devraient débuter en janvier. Dany se sentait à l’écart. Il râlait… Je lui ai donc dit : ‘Viens avec moi’. Comme ça, il arrêtera de m’emmerder (rires) !”

Vous et Cohn-Bendit, vous illustrez ce clivage au sein des écolos. Vous êtes des Verts et clairement de gauche. Il est d’Europe Ecologie et prône une ouverture plus large. Que pensez-vous de sa volonté d’ouvrir les portes du mouvement à des gens venant de gauche comme de droite, tant qu’ils adhèrent au projet écolo ?
“Mais c’est n’importe quoi ! Je n’en veux pas des gens de droite ! Je suis dirigeant d’un parti écologiste, allié avec la gauche, donc je ne vais pas accueillir des gens qui soutiennent la politique de Sarkozy ! Ces gens là n’ont rien à faire dans le nouveau parti ! La politique, c’est de l’ouverture mais aussi de la clarté.”

De quoi relancer les critiques sur le “sectarisme” des Verts, formulées par  Daniel Cohn-Bendit à plusieurs reprises…
“Mais c’est quand même incroyable d’entendre cela ! Nous ne sommes absolument pas sectaires. Nous sommes ouverts à tous les gens de gauche. Dans le nouveau mouvement, il y a des socialistes, des communistes, des radicaux de gauche, des chevénementistes… et des Verts. Et puis, attendez, ce n’est quand même pas rien d’avoir trouvé un consensus autour d’Eva Joly pour 2012. Je rappelle qu’elle vient d’Europe Ecologie. Vous en connaissez beaucoup des partis qui n’investissent pas un candidat issu directement de ses rangs ? Nous aurions très bien pu investir Yves Cochet, qui est un militant Vert historique.”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *