part 2 : Le Sexisme … France, France, réponds à ma triste querelle…

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épisode précédent : le racisme

Un café et que ça saute !
Un café et que ça saute !

Le sexisme est le parent pauvre des inégalités dans notre pays. Qui s’intéresse vraiment aux inégalités entre les hommes et les femmes ? Certaines militantes féministes tellement vindicatives qu’elles en oublient presque qu’un discours public doit avoir pour objectif principal de convaincre plutôt que de choquer et buter son auditoire.

Le sexisme est pourtant encore patent dans notre cher pays. Il est criant dans le monde de l’entreprise : combien de femmes patronnes d’une entreprise du CAC 40 ? Ne cherchez pas … ça n’existe pas …

En février 2009 le journal l’Express criait victoire et annonçait une « Mauvaise nouvelle pour les machos: l’encadrement des grandes entreprises françaises se féminise » et en effet quelle victoire : la proportion de femmes atteignait cette année là 28,76% chez les cadres des groupes du Cac 40 alors que les femmes représentent 48,1% des étudiants des écoles de commerce.

Ces femmes, plus touchées par le travail à temps partiel ou l’intérim, gagnent également des salaires inférieurs à compétences égales. Tous temps de travail confondus, les salaires des femmes équivalent en moyenne à 73 % de celui des hommes. Les femmes touchent donc 27 % de moins que les hommes ou, vu autrement, les hommes touchent 37 % de plus. Cela prend en compte le fait que les salaires sont égaux dans la fonction publique (hors prime) et donc que le différentiel réel dans le privé est encore plus important.

La fonction publique serait elle alors la piste à suivre sur la question de la lutte contre le sexisme dans le monde du travail ? Assurément pas ! Combien de femmes préfet ? le chiffre semble introuvable … combien de femmes à la tête de directions d’administration centrale de l’Etat … idem… Aucune femme directrice de cabinet, aucune vice-présidente du Conseil d’Etat, aucune secrétaire générale du Gouvernement… Amusez vous à chercher des listes de haut fonctionnaires sur Google vous ne trouverez rien et pour cause !

L’absence criante de femmes sur la scène politique donne l’apparence de se corriger grâce aux partis de gauche, notamment les verts et le parti socialiste, mais tout cela est une vague illusion portée par le vent (clin d’œil) et personne n’est dupe. Au classement mondial du nombre de femmes élues au Parlement, la France se classe à la 64ème place avec 18 % de femmes à l’Assemblée et 20 % au Sénat. C’est ce même Parlement qui vient de donner, dans un silence incroyable, le coup de grâce à la parité pour les élections locales puisque la fusion des élections cantonales et régionales amène à une élection des conseillers territoriaux, à partir de 2014, au mode de scrutin uninominal à 2 tours qui exclue toute mesure de parité. Le chabada des élections régionales a été enterré, non pas par le Gouvernement qui défendait un mode de scrutin mixte mais par la majorité UMP qui a sauté sur l’occasion de supprimer une des grandes réformes démocratiques des années 90.

Les femmes sont sous-payées, brimées dans leur évolution de carrière et le comble de toutes ces avanies … certaines en redemande … C’est Elisabeth Badinter qui constate un repli inquiétant sur le terrain des droits des femmes, lequel se manifeste, par exemple, par la forte baisse de la natalité dans tous les pays développés, la hausse conjointe du nombre de femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant (en dix ans, la proportion a doublé), le regain des discours naturalistes visant à river les femmes à leur rôle de mère, et plus spécifiquement par le biais d’un diktat concernant l’allaitement. La barque de la maternité est aujourd’hui chargée de trop d’attentes, de contraintes, d’obligations. Il y a péril tant pour la femme et le couple que pour le lien social : quelle perspective offre une société où le fait d’avoir un enfant serait le lieu d’un clivage fatidique ?

Elle dénonce ces femmes qui se complaisent dans le rôle d’épouse et de mère et qui, en l’espace d’une décennie renie les combats pour l’égalité. Tous nous connaissant certaines de nos anciennes camarades des bancs universitaires qui une fois de brillantes études achevées et une carrière bien entamée, tombent amoureuses, se marient, font un enfant et goutent à cette apparente liberté d’être une mère, de quitter le monde du travail et ses obligations pour se laisser porter sur la barque maternelle qui vogue sur « des fleuves de lait »… Quel retour à l’onirisme enfantin, à cette période où rien n’est drame et tout est privé, familial et protégé. Elles sacrifient leur carrière et surtout leur indépendance. Elles parient sur la solidité de leur couple car, si par malheur un jour Papa se lasse de n’être que papa et plus ce mâle charmeur qui avait fait rêver « maman » ; si le mâle renaissant réalise à 40 ans qu’une autre vie est faite pour lui ; les fleuves de lait seront caillés et « maman » réalisera qu’un travail, un salaire, une vie sociale ce ne sont pas des détails agaçants et sans intérêt …

La lutte contre le sexisme n’est pas combat de femme. C’est notre combat à toutes et à tous, au nom de nos mères, sœurs, conjointes, amies, de toutes ces femmes qui sont somme toute un peu nous même… Quand Koxie chante « Tu n’aimerais qu’on parle ainsi de ta maman » elle résume en une phrase le principe même de l’humanité… toutes les femmes sont nos mères et il n’y a personne à davantage respecter que notre mère …

Oui je sais je viens de citer Koxie … oui je connais des chanteuses de jeunes …. En plus je vais mettre le clip dans le post si si … non je déconne 🙂

à suivre l’Homophobie

4 thoughts on “part 2 : Le Sexisme … France, France, réponds à ma triste querelle…

  1. Je crois vraiment que l’illustration est mal choisie, car ambigüe. Vraiment, l’auteur voulait probablement parler de l’inflation des diplômes.
    Enfin, bon chacun son interprétation, je trouve juste que l’image n’est pas universelle.
    En tout cas, très bon article.

  2. @itsgoodtobeback @rachdemont rien à voir avec le sexisme juste la rationalisation, il y a de – en – de travail demandant des qualifications élevées, c’est ainsi mais le marcher étant, on prendra le/la plus qualifiés pour faire des tâches subalternes

  3. Etant en désaccord avec une collègue que Mme Mahieux avait été directrice de la Direction du Budget, je suis allée jetée un coup d'oeil sur la liste des anciens directeurs, et bien j'ai été agréablement surprise, moi qui pensait qu'aucune femme n'avait jamais dirigé cette grande direction, j'en ai trouvé deux sur la liste.
    Poussée par ma curiosité j'ai jeté un oeil sur la liste pour les autres grandes directions du Ministère des finances, et bien grande déception (encore que je m'y attendais), aucune femme n'a jamais dirigé la direction du Trésor (et ses ancêtres), la direction des finances publiques (et ses ancêtres).
    Etant une grande optimiste, j'espère qu'il en est autrement dans les autres ministères….

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