Richard Holbrooke, “géant de la politique étrangère américaine”, est mort via Le Monde et l’AFP

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Richard Holbrooke

Les hommages se multiplient dans le monde au lendemain de la mort de Richard Holbrooke, émissaire de Barack Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan, “véritable géant de la politique étrangère”, selon les mots du président américain. Holbrooke a succombé des suites d’une crise cardiaque survenue vendredi. “L’Amérique a perdu ce soir l’un de ses défenseurs les plus farouches et l’un de ses serviteurs les plus dévoués”, a déclaré la secrétaire d’Etat Hillary Clinton dans un communiqué confirmant la nouvelle.

“Les progrès que nous avons accomplis en Afghanistan et au Pakistan sont dus pour une bonne part aux efforts sans relâche de Richard en faveur de l’intérêt national de l’Amérique, et sa recherche de la paix et de la sécurité”, a dit de son côté l’hôte de la Maison Blanche.

“Le Pakistan a perdu un ami”, a déclaré mardi son président, Asif Ali Zardari. “Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre est de réitérer notre engagement à évincer l’extrémisme et introduire la paix” dans la région, a ajouté le chef de l’Etat pakistanais. Le président afghan Hamid Karzaï, qui entretenait des relations parfois difficiles avec Holbrooke, a quant à lui déploré “une perte pour le peuple américain”.

Le ministre des affaires étrangères britannique William Hague, qui a travaillé avec Holbrooke sur les dossiers pakistanais et afghan voit en lui “un des meilleurs et des plus brillants” diplomates de sa génération. Richard Holbrooke a “été l’illustration de ce que la diplomatie américaine peut produire de mieux”, a assuré M. Hague dans un communiqué. “Son travail sera poursuivi.”

Le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen s’est quant à lui déclaré “profondément attristé” par la mort du diplomate américain, qui “savait que l’Histoire est imprévisible”, “que nous sommes parfois amenés à défendre notre sécurité en menant des conflits lointains” “et que l’alliance” entre les deux bords de l’Atlantique “reste indispensable”.

M. Obama, arrivant en janvier 2009 à la Maison Blanche, avait confié à Richard Holbrooke l’une des tâches les plus difficiles de sa carrière : représenter le président en Afghanistan et au Pakistan, dans une région où les Etats-Unis mènent depuis 2001 la guerre contre les talibans. Le président doit d’ailleurs s’exprimer jeudi sur ces deux pays, lors de la remise d’un rapport d’étape qui devrait évoquer des “progrès”, un an après l’annonce de sa nouvelle stratégie dans cette région.

“LE DIPLOMATE PAR EXCELLENCE”

L’état de M. Holbrooke, 69 ans, était critique depuis vendredi. Il avait subi ce week-end une longue opération de l’aorte, puis une deuxième intervention. Sa carrière de diplomate s’est étendue sur près de cinquante ans, du Vietnam en guerre à “l’AfPak”, avec des détours tout aussi couronnés de succès par le monde de la banque, quand les républicains remplaçaient au pouvoir les démocrates.

En 1995, le président Bill Clinton le nomme secrétaire d’Etat adjoint chargé de l’Europe, casquette sous laquelle il sera l’artisan des accords de Dayton, qui mirent fin à la guerre de Bosnie. Le rôle de Richard Holbrooke a permis de sauver “des dizaines de milliers de vies” dans ce conflit, a assuré, lundi dans un hommage, John Kerry, le président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain.

Pour négocier ce qui est, aujourd’hui encore, considéré comme l’un des plus grands succès de la diplomatie américaine, Richard Holbrooke entreprendra plusieurs voyages en ex-Yougoslavie. Il n’hésite pas à parler durement à Slobodan Milosevic, l’homme fort de Belgrade. “C’était le diplomate par excellence, capable d’affronter les dictateurs et de se dresser pour les intérêts de l’Amérique dans les circonstances les plus difficiles”, a écrit lundi soir Hillary Clinton.

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