J’ai (encore) rencontré Andromaque mais à la Comédie française et j’ai aimé ça

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Ainsi donc Oreste aime t’il toujours Hermione dont le cœur brule pour Pyrrhus qui lui n’a d’yeux que pour Andromaque fidèle par delà la mort à son glorieux époux Hector.

Muriel Mayette qui met en scène cette magnifique pièce de Racine a fait le choix du classicisme le plus abouti qui plaît au public averti de l’une des plus belles salles de théâtre de Paris.

Un classicisme qui est poussé, au début de la pièce, jusqu’à l’ultime, un peu ridicule, par les acteurs qui se mettent à déclamer comme aux temps anciens. A ce jeu là on accordera une palme à Pyrrhus (Éric Ruf)et Andromaque (Cécile Brune) qui semblent, lors de leur première scène, nous jouer un pastiche d’une pièce de théâtre du début du XXème siècle, accent du titi parisien compris. Passée l’émotion des premières minutes le jeu devient plus naturel et Racine prend sont envol.

Oreste arrive en Épire pour réclamer à Pyrrhus, fils d’Achille, la vie d’Astyanax lui même fils d’Andromaque et de feu Hector, il se heurte au refus du souverain qui espère ainsi s’attirer enfin les grâces de la veuve d’Hector dont il est tombé follement amoureux. Mais voilà la haine est tenace et la belle Andromaque n’est pas prête à céder aux passions amoureuses de celui qu’elle considère comme le tortionnaire de sa famille et de son peuple.

ATTENTION SPOILER J

Poussé par Hermione en rage d’être abandonnée, Oreste fait tuer Pyrrhus le jour de ses noces avec Andromaque, qui s’était résolue à cette union pour sauver son fils mais prévoyant de se donner la mort dès la noce conclue. Hermione se poignarde sur le corps de Pyrrhus. Andromaque devient reine et veuve une seconde fois, tandis que Pylade soustrait Oreste, devenu fou, à la vindicte du peuple.

Si vous entrez à la Comédie française pour assister à cette tragédie disons le mes amis vous ne serez pas déçus. Enfin des acteurs, des vrais, des décors simples mais réels, des costumes originaux mais crédibles, une mise en scène subtile et respectueuse de l’auteur. Le classicisme a du bon quand il se met au service du génie immortel d’un des plus grands auteurs tragiques français.

Un dernier mot, si vous le permettez, pour saluer tout particulièrement Clément Hervieu-Léger qui interprète Oreste, fils d’Agamemnon. Toute la soirée la voix de cet acteur , la justesse de son interprétation et son incroyable capacité à partager des sentiments m’ont fait vibrer… Cela valait la peine d’être précisé…

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