L’Egypte et l’angélisme occidental

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Hosni Moubarak est-il à bout de souffle?

On l’a dit au moment de la chute de Ben Ali et on le répète encore ici, oui l’Egypte était logiquement le suivant dans les pays arabes qui risquaient de voir se développer des mouvements populaires. Néanmoins, l’Egypte n’est pas la Tunisie et Moubarak n’est pas Ben Ali ; tiens ça aussi on l’a déjà dit…

Hosni Moubarak n’est pas un dictateur comme un autre. Il n’a pas pris le pouvoir par un coup d’Etat mais dans le cadre d’un système politique, certes non démocratique, mais bien rodé qui lui permet de succéder à Anouar el Sadate lui-même assassiné par les frères musulmans. Hosni Moubarak est avant tout un général, il est le chef de l’armée ce qui marque toute la différence avec Ben Ali qui lui dirigeait la police politique.

Hosni Moubarak n’est pas qu’un dictateur ; il a été pendant 30 ans celui qui a maintenu les islamistes à distance, il a été l’allié incontournable des occidentaux, tenant d’une main de fer de grand pays qui se voit toujours comme l’âme et le sabre des arabes.

L’Egypte n’a pas seulement une position géographique stratégique, elle est le poumon culturel et militaire de l’Arabie. Sans l’Egypte pas d’armée pour affronter Israël… Et c’est pourquoi les frères musulmans ont fait assassiner le prédécesseur de Moubarak. C’est pourquoi ils fomentent des attentats dans les zones touristiques, c’est pourquoi ils poursuivent la communauté chrétienne égyptienne d’une haine équivalente à celle portée à la communauté chrétienne d’Irak décimée par les attentats.

Nous espérons tous une plus grande démocratie en Egypte, nous espérons tous qu’Hosni Moubarak ou celui qui sera amené à lui succéder entendra les cris de la population ; mais personne de ce côté ci de la Méditerranée ou sur l’autre rive de l’Atlantique ne peut souhaiter que la rue réussisse à plonger les institutions Cairotes dans le chaos.

Personne ne peut un instant croire qu’El Baradai, sympathique intellectuel démocrate puisse faire le poids entre l’armée et les islamistes.

Après le fiasco tunisien, la France a enfin trouvé l’équilibre nécessaire à une bonne communication diplomatique entre l’évident soutien à apporter aux aspirations démocratiques d’un peuple fatigué par ses fers et la nécessité de maintenir au Caire un pouvoir fort qui puisse résisté aux assauts de plus en plus violents de l’islamisme politique.

C’est pourquoi je suis attristé par les propos niaiseux tenus par Martine Aubry sur ces questions diplomatiques. Quand je pense que Mélenchon a réussi à parfaitement illustrer ce que devait être le discours d’un président de la République en distinguant ses certitudes de militants et les devoirs d’un chef d’Etat ; j’ai peur que la première secrétaire du parti socialiste ne fasse rapidement la démonstration de ses grandes lacunes en relations internationales.

Que Dieu nous préserve d’un nouveau Jimmy Carter…

IGTBB

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