Le frisson de la Révolte : Algérie mon amour

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Des jeunes Algériens lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, le 6 janvier à Oran. AFP

Je ne pourrais le cacher même si je le souhaitais, j’aime l’Algérie et son peuple, fier, insaisissable et surtout « grande gueule ». Mes passages par Alger, Oran, Tlemcen restent gravés dans ma mémoire comme des moments de fascination et de rencontres avec de la gentillesse à l’état pur.

L’Algérie souffre depuis des décennies ; elle souffre de s’être fait confisquer son indépendance par une horde de politiciens qui hésite souvent entre l’incompétence et la malhonnêteté mais qui finit toujours par se retrouver dans les deux qualificatifs.

L’Algérie est un pays riche, industrialisé détenteur de ressources pétrolières et gazières importantes. Elle dispose d’un vaste territoire, d’une vraie agriculture, d’une culture du service et de toutes les infrastructures touristiques de base. Sur le papier, l’Algérie a tout pour être l’eldorado du Maghreb et pourtant, coincée entre les militaires, les islamistes, les grandes familles de notables et les politiciens corrompus, la population est plongée dans la misère.

Ce peuple algérien à qui on ne laisse pour choix que l’exil ou la renonciation lève la tête à nouveau et laisse sa colère s’exprimée en plein jour. Une colère que doit absolument entendre le président « à vie » qui, de porteur d’espoirs à son arrivée, se complaît dans le rôle du vieillard accroché au pouvoir. Il doit entendre cette colère pour éviter de voir réapparaitre le spectre de l’islamisme qui a ensanglanté les campagnes algériennes pendant trop d’années.

Ne nous y trompons pas, personne ne connait à ce jour les conditions d’une telle explosion de rage et l’on ne peut que constater qu’elle coïncide avec les évènements en Tunisie. Facebook, Twitter, Internet, tous ces nouveaux outils de communication apparaissent toujours plus comme les armes de la démocratie, les armes d’une jeunesse trop longtemps cantonnée dans un rôle d’observateur.

Un jour, à Alger, on m’a dit “la jeunesse n’est pas l’Algérie de demain, c’est celle d’aujourd’hui” … peut être est elle entrain de le démontrer dans la rue

IGTBB

Les évènements vus par Jeune Afrique :

Dans la droite ligne des émeutes contre la vie chère que connaît l’Algérie depuis décembre, les manifestations de jeudi ont été particulièrement violentes et étendues sur le territoire. Le mouvement, parti de Bab el-Oued mercredi, continue de se propager.

La révolte est-elle contagieuse ? Si les situations politiques divergent radicalement en Tunisie et en Algérie, les espoirs et les rêves brisés d’une jeunesse se sentant laissée pour compte de la croissance tendent à produire les mêmes effets. Alors que l’agitation sociale sur fond de chômage continuait au pays de Zine el-Abidine Ben Ali, celui d’

était confronté au déferlement d’une vague de manifestations particulièrement violentes contre la cherté de la vie.

Les émeutes lancées par des groupes de jeunes mercredi dans le quartier populaire de Bab el-Oued, à Alger, se sont étendues jeudi soir. Elles ont été encore plus violentes que la veille, sans qu’il soit fait état de victime.

Dans le centre d’Alger et à sa périphérie, les émeutes se sont étendues à plusieurs quartiers. De nombreux commerces ont baissé leurs rideaux dès le début de l’après-midi. D’une manière inhabituelle, le centre-ville ne comptait plus aucune voiture en début de soirée, et il était rempli de jeunes gens.

El-Biar pris d’assaut

Le quartier populaire de Bab el-Oued a connu une deuxième nuit consécutive d’importantes manifestations. Lourdement armée, la police a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. En mal de revanche sociale, une quarantaine de jeunes armés de sabres ont pris d’assaut le quartier huppé d’El-Biar, situé sur les hauteurs. De nombreuses boutiques ont été vandalisées, ainsi qu’un restaurant et une bijouterie.

En Kabylie, à Bejaia, à quelque 260 km à l’est d’Alger, tout comme à Boumerdes, plus proche de la capitale, les manifestants avaient dès l’après-midi coupé les routes principales avec des arbres, ou des pneus enflammés. Selon un témoin, le tribunal d’Akbou, près de Bejaia a été incendié en fin de journée. Un peu plus loin vers la frontière tunisienne à Annaba, les forces de sécurité se sont massées autour des bureaux de la wilaya (département) mais la situation est restée calme. En revanche à Oran, dans l’ouest algérien, la situation était très tendue après les émeutes de mercredi. (avec AFP)

7 thoughts on “Le frisson de la Révolte : Algérie mon amour

    1. well in my opinion you are quite unfair… just look at the declarations of the american administration about Egypt. You're quite right for the French government but not about the French people who participate a lot to demonstrations against Ben Ali … thinks are never white or black specially in foreing policy

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