Le régime Ben Ali s’effondre ce 14 janvier 2011 (2nde mise à jour)

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Tunisie : le président a quitté le pays selon des sources proches du gouvernement. [AFP 18:35]

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mise à jour1 : – la rumeur sur le net annonce que plusieurs ministres tunisiens et des membres de la famille du Président seraient entrain de quitter le pays.

– Les propriétés de la famille Trabelsi mises à sac par la population à Tunis : A Gammarth, banlieue résidentielle chic du nord de Tunis, depuis le début d’après-midi, plusieurs centaines d’émeutiers s’en prennent aux domiciles de la famille Trabelsi, du nom de Leïla Trabelsi, le femme du chef de l’Etat tunisien.

Armés d’une liste de noms, ces émeutiers, âgés de 16 à 17 ans, font le tour des résidences de cette banlieue résidentielle chic du nord de Tunis, proche du palais de Carthage, et attaquent systématiquement les maisons qui appartiennent à la famille Trabelsi, délaissant les autres, y compris de plus luxueuses encore.

“C’est une mise à sac organisée. Les insurgés font sortir les habitants des maisons, sortent la Mercedes du garage, pillent, saccagent, puis mettent le feu, témoigne un journaliste tunisien qui préfère garder l’anonymat. Je n’ai jamais vu de telles scènes,” décrit un journaliste tunisien, qui préfère garder l’anonymat.

A 15h45, les émeutiers en étaient au saccage de leur quatrième maison. A chaque fois, il s’agit de propriétés de neveux de la présidente, haïe en Tunisie, car son nom symbolise l’accaparement des richesses du pays et la corruption.

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Cité par l’agence officielle TAP, M. Ghannouchi a indiqué que le président Ben Ali a décidé “dans le cadre de mesures [d’apaisement] annoncées jeudi, de limoger le gouvernement et d’appeler à des élections législatives anticipées dans six mois”. Il a ajouté avoir été chargé de former le nouveau gouvernement.

TREIZE MORTS À TUNIS

Malgré sa promesse de quitter le pouvoir à l’issue de son mandat en 2014, annoncée la veille au soir à la télévision, Ben Ali doit affronter depuis jeudi soir des manifestations hostiles au pouvoir qui se poursuivent vendredi dans le centre de Tunis ainsi que dans plusieurs villes de province (Suivez en direct la situation).

Selon des sources médicales, treize civils auraient été tués par des tirs des forces de l’ordre, jeudi soir à Tunis et sa banlieue. “Les corps de trois personnes atteintes par balles ont été transportés à l’hôpital du Kram, près de Tunis, et dix autres ont été emmenés à l’hôpital Charles-Nicole à Tunis”, a précisé cette source.

Deux autres personnes ont péri par des tirs de la police à Kairouan, jeudi soir, au moment même où le président Ben Ali annonçait avoir ordonné de cesser le recours aux armes face aux manifestants.

LES BLINDÉS DEVANT LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR

 

Des blindés avenue Mohamed V, à Tunis, vendredi.AFP/FETHI BELAID

Dans la matinée, une grande manifestation dans le centre de Tunis a été dispersée par la police à coups de bombe lacrymogène. “Non à Ben Ali”, “Soulèvement continu, non à Ben Ali”, non aux Trabelsi [la belle-famille du président] qui ont pillé le pays”, ont crié les manifestants.

Des blindés de l’armée se sont déployés devant le ministère de l’intérieur, alors que des unités antiémeutes pourchassaient des jeunes manifestants dans les escaliers d’immeubles résidentiels et dans un centre commercial, où ils se sont repliés. L’atmosphère dans l’avenue Habib-Bourguiba était irrespirable à cause des nombreux tirs de gaz lacrymogènes alors que des renforts de police arrivaient.

La police a dispersé les manifestants par des tirs de gaz lacrymogènes.AFP/FETHI BELAID

La marche, qui avait commencé avant midi avec quelques centaines de manifestants, a grossi à plusieurs milliers de personnes avec l’arrivée de plusieurs autres cortèges. A la mi-journée, l’agence de presse Reuters estimait à 5 000 le nombre de manifestants, notamment de nombreux avocats.

GRÈVE PROGRAMMÉE

Malgré les concessions du président Ben Ali jeudi soir, une grève de deux heures restait programmée vendredi dans la région de Tunis à l’appel du syndicat unique et des internautes et étudiants se sont aussi mobilisés pour le maintien de rassemblements dans la journée. Les avocats sont également en première ligne dans les manifestations.

A Sidi Bouzid (sud-ouest), d’où est parti le mouvement de contestation, 3 000 personnes ont défilé aux cris de “Ben Ali dehors”. A Regueb, une localité proche, 700 personnes aussi ont lancé des slogans hostiles au chef de l’Etat et ont dressé des tentes Place 7 novembre (date de l’arrivée au pouvoir de M. Ben Ali en 1987) qu’ils ont rebaptisées le lieu “Place des martyrs”. A Kairouan (centre), des marcheurs ont crié “Ben Ali dehors”, de même qu’à Gafsa, dans le sud-ouest.

Les sites Internet qui étaient bloqués en Tunisie étaient de nouveau accessibles jeudi soir, peu après la promesse du président de garantir “la liberté totale” de l’information et de l’accès au Web. “Il ne suffit pas de déverrouiller Dailymotion et de Youtube pour tourner la page, trop de sang a coulé”, a lancé l’animateur d’une émission matinale sur Radio Mosaïque, une radio privée.

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