Tunisie : la Gouvernement français nous déshonore

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Les présidents Sarkozy et Ben Ali

Hier soir, poursuivant ma petite vie parisienne, j’ai traversé une manifestation de soutien au peuple tunisien dans son combat pour la liberté. J’ai vu des dizaines d’hommes et de femmes portant le drapeau tunisien, rageant de ne pouvoir être sur place pour combattre Ben Ali et son régime aux pieds d’argile mais aux poings de plombs.

J’écrivais il y a quelques jours sur ce même blog que « le silence de la France était intolérable mais depuis qu’elle parle j’avoue avoir un peu honte »… jamais je n’aurais pensé que cela plus que réaliste serait prémonitoire. Depuis lors, deux ministres ont pris la parole, au nom de la France. Ont-ils regretté les violences, ont-ils seulement demandé à Ben Ali de ranger les armes et de protéger son peuple plutôt que de l’assassiné après l’avoir asservi ? Non, rien de cela. Au contraire attaquée sur le sujet devant l’Assemblée nationale, Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, a proposé le savoir-faire français à la police tunisienne pour «régler les situations sécuritaires». «Nous proposons effectivement aux deux pays de permettre dans le cadre de nos coopérations d’agir pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité.»…

Non seulement la France ne condamne pas Ben Ali et son régime mais elle lui propose son aide dépassant par là même toutes les limites du cynisme politique. Nous ne demandions pas grand-chose, un geste, un signe de bonne volonté du Gouvernement français qui ne semble décidément pas comprendre que le Gouvernement Ben Ali est désormais condamné. Condamné à disparaitre, emporté par la vague de colère du peuple tunisien ; ou condamné à réprimer la révolte dans le sang quitte à étouffer la Tunisie sous une chape de plomb.

Le pouvoir tunisien semble, lui, avoir compris le risque qu’il court. Le président a ainsi limogé le ministre de l’Intérieur Rafik Belhaj Kacem, lui donnant ainsi le rôle du méchant qui aurait autorisé les tirs à balles réelles, et promis de libérer des prisonniers. Le nombre exact d’arrestations n’est pas connu. Parmi eux figurent des personnalités de renom, comme le blogueur engagé Hamadi Kaloutcha, ou le rappeur El General, célèbre pour ses positions anti-Ben Ali.

Comble de la mauvaise foi, Ben Ali a demandé la mise en place d’une enquête sur des actes de corruption présumée concernant des responsables publics… Si cela était sérieux, la belle famille du Président aurait de quoi s’inquiéter ainsi que beaucoup des hommes politiques français parmi les plus célèbres, de droite comme de gauche.

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