Tunisie, le jour d’après Ben Ali

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Et voilà, c’est en boucle sur toutes les chaines d’informations en continue… Ben Ali s’en est allé avec femme, enfants et presque toute la famille, se réfugié à l’étranger. Ben Ali a démissionné ou a été destitué par l’armée, l’histoire le dira.

Elle aura aussi pour tache d’analyser, de décortiquer les années Ben Ali qui ont profondément changé la Tunisie. Je sais que le moment n’est pas venu de regarder objectivement le pouvoir tunisien alors que le cadavre est encore chaud et que peuvent enfin s’exprimées les haines et las rancœurs tellement légitimes. Pour autant l’histoire devra vite se pencher sur le cas de ce petit pays et de ses résultats économiques en comparaison avec ceux de ses voisins, la Lybie, l’Algérie où un peu plus loin le Maroc et l’Egypte.

Un régime dictatorial est donc tombé et le peuple tunisien est entré par la plus grande des portes dans l’histoire des peuples arabes en étant le premier à mener une révolution populaire post-indépendance. C’est une première qui laisse de nombreuses questions sans réponse dont la plus importante est : La révolution est elle terminée ?

Une grève est toujours difficile à terminer … alors imaginez une Révolution. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce type de mouvements … on sait bien quand cela commence mais rarement quand cela prend fin. Les dirigeants français entre 1789 et 1873 pourraient vous en dire quelque chose…

Le peuple est dans la rue et risque d’y rester longtemps car tel sera son bon plaisir mais surtout parce que des politiciens irresponsables commencent dès aujourdhui à parier sur une instabilité durable. Au premier rang on trouve le camp Ben Ali qui ne renoncera jamais à un retour impossible. On ajoutera à cette catégorie le parti islamiste « modéré », comme si un parti religieux pouvait l’être, modéré. On aurait tort de ne pas tenir compte du « Ennahda » dirigé par Rached Ghannouchi et qui refuse l’actuel Gouvernement de transition en espérant tirer le meilleur parti des prochaines élections générales dans le pays le plus moderne de toute l’Arabie.

Comment ne pas revenir également sur le cas de l’UGTT et du FDLT. En effet, moins de 24 heures après la formation du Gouvernement d’union nationale censé organisé la transition démocratique, trois ministres issus du puissant syndicat UGTT annoncent leur démission suivis par le Forum démocratique pour le travail et les libertés qui suspend sa participation au nouveau cabinet. Le FDLT était un des trois partis d’opposition à Ben Ali conviés à siéger. Un de ses fondateurs Mustapha Ben Jaafar avait été nommé ministre de la Santé. En fait ce sont tous les partis de gauche tunisiens qui décident de pousser l’avantage et qui estiment que celles et ceux qui ont travaillé avec Ben Ali doivent être exclus de « l’union nationale »… Il ne restera en fait plus grand monde si ce n’est la diaspora qui vit à l’étranger depuis tant d’années ce qui aura pour effet de prolonger la crise et l’insécurité et pourrait, à terme, provoquer un retournement sécuritaire et conservateur de l’opinion … le recours à l’armée.

Ainsi, si les tunisiens ne veulent pas se faire voler leur révolution il leur faudra y mettre fin … au moment juste.

 

IGTBB

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