Des manifestants opposés à Kadhafi dispersés par la police (reuters)

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Carte de la Lybie

La police libyenne a dispersé par la force, dans la nuit de mardi 15 à mercredi 16 février, un sit-in contre le pouvoir à Benghazi. Des centaines de partisans du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, ont, quant à eux, défilé peu après dans plusieurs villes du pays, a-t-on appris de sources concordantes. Au moins quatorze personnes auraient été blessées dans ces affrontements.

Des membres des familles de prisonniers tués en 1996 dans une fusillade dans la prison d’Abou Slim, à Tripoli, se sont rassemblés devant un poste de police à Bengazi pour réclamer la libération de leur coordinateur, l’avocat Fethi Tarbel, a rapporté le journal en ligne Al-Manara. D’après un habitant de la ville, cinq cents à six cents personnes ont manifesté leur colère.

Selon Human Rights Watch, au moins mille deux cents prisonniers ont été tués par les forces de l’ordre lors d’une fusillade à la prison d’Abou Salim en 1996, dans des circonstances qui restent confuses. Depuis quelques années, leurs familles, dont une grande partie est originaire de Benghazi, ne cessent de réclamer que lumière et justice soient faites sur ce massacre. Nombre des opposants à Kadhafi en sont originaires, et la ville a été écartée des principaux projets de développement économique, renforçant son particularisme.

Me Tarbel, dont les raisons de l’arrestation sont inconnues, a été libéré sous la pression des familles, selon le site du journal Quryna, proche de Seif Al-Islam, fils du colonel Kadhafi. Mais la foule n’a pas quitté les lieux, et d’autres personnes se sont jointes à la manifestation, ce qui a poussé les forces de l’ordre à les disperser par la force, selon le site Libya-alyoum. Les manifestants ont scandé, selon ces médias, des slogans contre le régime : “Benghazi, réveille-toi, c’est le jour que tu attendais, le sang des martyrs n’est pas versé en vain”, ou encore “Le peuple veut faire tomber la corruption”.

Le gouvernement libyen a adopté une série de mesures visant notamment à réduire les prix des produits de première nécessité. Le régime de Tripoli s’apprêterait en outre à libérer 110 militants incarcérés du Groupe islamique libyen de combat, une organisation interdite par les autorités.

Peu après, des centaines de manifestants pro-régime ont défilé à Benghazi, deuxième ville du pays, à 1 000 kilomètres à l’est de Tripoli, mais aussi à Syrte, Sebha et Tripoli, selon des images de la télévision d’Etat. Depuis 4 heures locales (3 heures à Paris), la chaîne Al-Jamahiriya diffusait des images en direct de manifestants défilant à pied et en voiture, brandissant des drapeaux et des photos du colonel Kadhafi et scandant des slogans à la gloire du Guide de la révolution libyenne et contre la chaîne Al-Jazira, accusée par le régime d’inciter à la révolte dans des pays arabes particuliers. “Al-Jazira méprisable, nous ne voulons pas autre que notre leader”, scandaient notamment les manifestants.

Ces manifestations interviennent à la veille de la “journée de colère” libyenne prévue jeudi, selon des appels lancés sur Facebook.

Sous le slogan “Révolte du 17 février 2011 : pour en faire une journée de colère en Libye”, un groupe Facebook, qui appelle à un soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, est passé de quatre mille quatre cents membres lundi, à neuf mille six cents mercredi matin.

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