l’Affaire Guerini s’ouvre sur la vie politique marseillaise

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Jean-Noel Guerini

Nous en parlions ici même dans des posts du 29 novembre et du 2 décembre 2010 : Alexandre Guérini, frère du président PS du conseil général des Bouches-du-Rhône et des hauts fonctionnaires locaux sont inquiétés dans le cadre de l’enquête ouverte en avril 2009 par le juge marseillais Charles Duchaine pour « atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, trafic d’influence et détournement de fonds publics ».

C’est désormais le président du conseil général himself, sénateur,  qui est mis en cause. C’est du moins ce que rapporte le Parisien repris par Reuters. Si ces éléments devaient se confirmer et entrainer la chute du patron du PS local, Ségolène Royal perdrait son plus précieux allié dans le parti après le décès de Georges Frêche.

Le président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, serait ainsi intervenu auprès d’autres élus en faveur de son frère Alexandre, écroué début décembre pour sa participation supposée à cette affaire de marchés publics frauduleux.

De source proche du dossier, on confirme les informations du Parisien de mardi faisant état d’écoutes téléphoniques dans lesquelles l’homme fort du PS local apparaîtrait pour la première fois comme acteur dans ce dossier.

Ces écoutes, datant de septembre 2009 mais seulement versées la semaine dernière au dossier, montreraient que Jean-Noël Guérini est intervenu en faveur de son frère pour obtenir une renégociation à la baisse de la redevance due à l’Agglopole Provence par l’une de ses sociétés chargée d’une décharge.

La source proche du dossier souligne que les frères Guérini déclarent “le problème réglé” dans ces écoutes.

Mais Michel Tonon, le président socialiste de l’Agglopole Provence, une communauté d’agglomération regroupant sept communes autour de Salon-de-Provence, a dit mardi qu’il n’y avait pas eu “à (sa) connaissance” de baisse de la redevance.

“La société délégataire a souhaité renégocier à la baisse cette redevance, ce que nous n’avons pas fait”, a-t-il ajouté sur l’antenne de France Bleu Provence.

Nommément cité dans les écoutes comme étant celui qui s’oppose aux exigences d’Alexandre Guérini, le directeur des services de la communauté d’agglomération, Jean-Michel Rey, a lui aussi démenti tout arrangement dans un entretien à Reuters, soulignant que le montant prévu avait finalement été payé.

Le cabinet de Jean-Noël Guérini n’a pour sa part pas souhaité s’exprimer, selon le journal, sur “des écoutes dont (il) n’avait pas connaissance et qui sont protégées par le secret d’une enquête judiciaire en cours”.

Alexandre Guérini est détenu depuis le 1er décembre dans le cadre de l’information judiciaire contre X ouverte en avril 2009 par le parquet de Marseille pour “atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, trafic d’influence et détournement de fonds publics”.

Les enquêteurs soupçonnent l’homme d’affaires d’avoir eu un rôle central dans la mise en place d’un système occulte de surfacturation et de trafic d’influence dans l’attribution de certains marchés publics dans la région.

Une dizaine de personnes, dont le président communiste de la communauté d’agglomération d’Aubagne, ont été mises en examen dans ce dossier, notamment pour des faits de détournement de fonds, d’abus de biens sociaux, de trafic d’influence et de corruption passive.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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