La directrice de l’office HLM de la ville d’Yves Jégo licenciée après son cancer

Share

Vous trouverez ci dessous un article publié aujourd’hui dans Le Monde et qui tend à donner un nouvel exemple de ce qu’est réellement M. Yves Jégo … cela se passe de commentaire …

 

Yves Jégo

D’habitude, les cadres dirigeants licenciés dans des conditions contestables préfèrent garder le silence et trouver un accord amiable. Mais Brigitte Brevan, 49 ans, ancienne directrice générale de l’office HLM de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), licenciée d’après elle à la suite de son cancer du sein, a décidé de parler.

“C’est une question de principe, je suis une femme, qui a été malade, dans un milieu d’hommes. Ils ont cru qu’ils pourraient m’avoir”, lâche-t-elle. Les conditions financières proposées par les avocats de Confluence Habitat, office HLM présidé par Yves Jégo, député-maire (UMP) de Montereau, ne l’ont pas non plus satisfaites. “Mais surtout, Yves Jégo a profité de mon cancer pour placer un proche”, affirme-t-elle.

Jusqu’en décembre 2008, elle connaît pourtant une carrière sans accroche, montant progressivement dans la hiérarchie de l’office. Entrée en 2002 comme responsable financière, elle enchaîne deux CDD de trois ans. “En 2008, on me propose de prendre la direction. C’était logique, j’avais déjà effectué plusieurs intérims”, affirme-t-elle. Salaire : 4 900 euros nets mensuels. Certaines compromissions deviennent nécessaires : “C’était juste avant les municipales, on me dit qu’il serait bien vu de prendre sa carte à l’UMP. Je l’ai fait pour le poste mais aussi car j’appréciais Yves Jégo”. “Ce poste a toujours été politique”, confirme Christian Ferrand, délégué CGT de l’office.

REMPLACÉE PAR UN PROCHE DE JÉGO

Mais en décembre 2008, la maladie la frappe : cancer du sein. Opérée immédiatement pour extraire la tumeur, elle suit les classiques radio et chimiothérapies. “Je m’arrête le moins possible et je vais faire mes radiothérapies et chimiothérapies entre midi et deux pour éviter de perturber le service”, assure-t-elle. Mais en mai la fatigue et les effets secondaires se font sentir. “Yves Jégo me reçoit alors dans son bureau et me conseille de m’arrêter. Il me dit qu’il a déjà quelqu’un pour me remplacer le temps que je revienne. A ce moment-là, je me doutais de rien et je pensais en effet qu’il valait mieux s’arrêter. J’étais très fatiguée.”

Elle s’arrête le 1er juillet 2009. A sa place, le conseil d’administration de l’office nomme Jean-Philippe Sudre. Un proche d’Yves Jégo qui, sur son blog — ouvert quelques mois avant sa prise de poste — clame son “admiration toute particulière” pour le maire. Dès le 22 juillet, le conseil d’administration, sur proposition d’Yves Jégo, déclasse Brigitte Brevan en directrice générale adjointe alors qu’elle est censée reprendre son poste début septembre. “Je reçois un avenant à mon contrat courant août, je comprends qu’ils essaient de m’écarter alors que je suis malade. Je refuse de le signer”. “Dès ce conseil d’administration, il est évident qu’Yves Jégo fait tout pour l’écarter”, confie un administrateur sous le couvert de l’anonymat. Ce déclassement n’a d’ailleurs même pas été inscrit à l’ordre du jour du CA, contrairement à ce qu’impose la loi.

Elle espère pouvoir se battre à son retour à la rentrée. Mais la maladie est trop forte. Elle est contrainte de s’arrêter un an et doit reprendre son poste début juillet 2010. “J’avais fini par accepter de revenir en tant que directrice générale adjointe. Ce poste était moins exposé.” Mais le retour se passe très mal : son nouveau bureau est mal équipé, éloigné de ceux de la direction, ses nouvelles missions sont minimales et on ne lui donne pas les moyens de les accomplir. “Jean-Philippe Sudre tente de me piéger en m’autorisant à faire des astreintes depuis chez moi, puis en me reprochant de n’être pas venue”, affirme-t-elle.

Impossible de recueillir l’avis de Jean-Philippe Sudre sur ces accusations. Malgré de multiples tentatives pour le joindre, il n’a pas répondu à nos questions. Dans un communiqué envoyé en réponse, il affirme seulement que “madame Brevan tente manifestement, en période électorale, de faire dévier un contentieux administratif ordinaire vers un terrain politique et médiatique” et que “Confluence Habitat n’entend pas se prononcer sur les différentes allégations publiques de son ancien agent”.

OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE

Epuisée par cette placardisation, elle fait appel à l’inspection du travail. PV pour harcèlement au travail. Le parquet de Fontainebleau ouvre une enquête préliminaire. Mais le 13 septembre, elle reçoit sa convocation pour un entretien préalable à licenciement. Cause officielle : suppression de poste pour réaliser des économies. L’office, certes en très grande difficulté financière, fait pourtant trois nouveaux recrutements au même moment. Par ailleurs ce nouveau changement de tête se fait au mépris des inspecteurs du ministère du logement qui dans un rapport très sévère sur la gestion de l’office, ont pointé le manque “d’une direction stable et compétente”.

C’est Yves Jégo lui-même qui la reçoit pour son entretien préalable. “Il me promet de m’aider à retrouver un emploi et de favoriser un accord entre nos avocats”, assure-t-elle. Sollicité, Yves Jégo s’est contenté de renvoyer au communiqué de Confluence Habitat.

Le conseil d’administration ne fera que prendre acte de ce licenciement en novembre. Un des administrateurs, Michel Graveline, ne cache d’ailleurs pas son inquiétude face aux conditions de ce licenciement. “Ce qui me gêne c’est que cette affaire transpire très largement à l’extérieur et j’aimerais bien ne pas être interpellé sur un différend intérieur à l’office”, lâche-t-il ainsi en comité technique paritaire.

Face à l’échec des négociations entre avocats, Brigitte Brevan décide de porter plainte contre X… le 5 février pour discrimination en raison de l’état de santé et harcèlement moral. Parallèlement, elle conteste son déclassement et son licenciement devant le tribunal administratif. Autant d’actes très rares à ce niveau de responsabilité et dans un monde politique où l’on préfère souvent régler les différends en coulisses. “Je fais ça parce que ce monde d’hommes a cru pouvoir m’avoir parce que je suis une femme”, insiste-t-elle à nouveau, après avoir raconté son histoire.

Jean-Baptiste Chastand

2 thoughts on “La directrice de l’office HLM de la ville d’Yves Jégo licenciée après son cancer

  1. "L'article intitulé 'Une directrice d'office HLM licenciée par Yves Jégo après son cancer' paru le 14 mars sur Nouvelobs.com contient certains éléments de faits inexacts relayés par de nombreux sites internet. Il est faux d'affirmer que le licenciement de Brigitte Brevan serait en lien avec sa pathologie passée.

    Contrairement à ce qui est affirmé, ce n'est qu'après avoir été convoquée à un entretien préalable à son licenciement que Brigitte Brevan a saisi l'inspection du travail.

    Brigitte Brevan avait précédemment utilisé le même prétexte tiré du harcèlement, en 2007, vis-à-vis de l'ancien Directeur Général, sans que là non plus la procédure n'ait permis d'établir une quelconque réalité des faits.

    A ma connaissance et contrairement aux affirmations du site Nouvelobs.com, aucune plainte n'aurait à ce jour été enregistrée.

    Il convient enfin, à ce titre, de souligner qu'un rapport de Milos, soumis à la connaissance du conseil d'administration de l'office HLM réuni le 14 mars dernier, a pointé la gestion passée de Brigitte Brevan dans ses différentes fonctions de cadre contractuel de l'office.

    Hormis ces rectifications nécessaires, il convient de respecter la saisine des tribunaux compétents pour juger des motifs du licenciement de Brigitte Brevan et de ne pas alimenter une polémique devenue opportunément publique en période électorale"

    1. 1/ le seul lien mis en avant est celui du calendrier … on utilise cette période pour remplacer Brigitte Brevan
      2/ en tout état de cause elle n'allait pas saisir l'inspection du travail avant d'être informée de son licenciement…
      3/ Mme Brevan et Y Jego sont donc des habitués du harcèlement moral … chacun dans son rôle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *