Le frisson de la révolte : regard sur le Sultanat d’Oman – part 1

Share

Sultan Qaboos bin Said al Said

Le Sultanat d’Oman est un pays qui couvre la côte sud est de la péninsule arabique. Il a des frontières avec les Émirats arabes unis au nord, l’Arabie saoudite à l’ouest et le Yémen au sud-ouest. Il dispose également d’une enclave au nord des Emirats arabes unis qui s’appelle le Musandam.

Le pays est bordé par la mer d’Oman au sud et au sud-est, le golfe d’Oman au nord-est. Une vaste plaine désertique couvre le centre du pays oscillant entre désert de sable et désert de roches. Le long des côtes s’étendent de magnifiques chaînes montagneuses qui culminent à plus de 3000 mètres (Jebel Chams) et d’où descendent les Falaj, ingénieux réseaux d’adduction d’eau souterrains utilisés pour l’irrigation des cultures. Certains sont très anciens et remontent au IIe millénaire av. J.-C. La principale ville située à l’intérieur des terres est Nizwa, ancienne capitale de l’imamat.

Oman a une spécificité de taille dans les pays du Golfe : au VIIIème siècle, les bédouins de la région adoptent l’Ibadisme, une branche de l’Islam issue du Kharidjisme presque unique au monde au travers de laquelle se forme un pays et un système politique l’Imamat. Le Pays est occupé par les Portugais au XVI ème siècle puis par les Perses en 1737.

Ce joyeux monde est chassé en 1743 par Ahmad Bin Said qui fonde le Sultanat de Mascate en 1793 et par là même la dynastie qui règne encore aujourd’hui. Le premier Sultan ne se contente pas de chasser les Portugais de ses territoires, il les pourchasse jusqu’en Afrique et transforme Oman en pays colonisateur en conquérant tout l’est africain. Au début du XIXème siècle le Sultanat contrôle un véritable empire du Balouchistan (région de l’actuel Pakistan) à la côte est de l’Afrique (notamment Zanzibar et Pemba).

En 1861 les deux fils du Sultan décident de se partager l’héritage. Le premier devient Sultan de Zanzibar, le second de Mascate. Chaque sultanat reprenant une vie politiquement séparée. Fragilisé par la perte économique de Zanzibar, le sultan de Mascate n’arrive pas à répondre à la révolte religieuse qui gronde dans le centre du pays et qui mène à une nouvelle partition entre la côte : sultanat de Mascate et le centre du pays où l’Imam Salim Ibn Rachid re-fonde l’imamat d’Oman.

Une guerre civile finalement gagnée par le Sultan fait rage dans le pays de 1915 à 1920 Le même scénario se reproduit en 1955 prenant une ampleur régionale car l’Imam reçoit le soutien de l’Arabie Saoudite ce qui pousse l’Egypte à soutenir le Sultan qui, avec l’appui des troupes britanniques écrase la rébellion et met un terme (définitif ?) à l’Imamat.

En Juillet 1970 Qabous bin Said renverse son père Said bin Taïmour qui était au pouvoir depuis 1932. A cette époque Oman ne compte aucune école, aucun hôpital, une seule route goudronnée. Le port de la barbe est obligatoire pour les hommes, l’électricité n’alimente que le Palais du Sultan et les portes de la capitale sont fermées tous les soirs à 22h00, heure du couvre-feu.

Aujourd’hui, 40 ans plus tard, le Sultanat de Mascate et d’Oman est devenu le Sultanat d’Oman avec un nouveau drapeau, un nouvel hymne et une fête nationale. Les routes couvrent le territoire, l’école est obligatoire et gratuite, le système de santé est le premier de la région selon l’OMS. Oman compte 3 millions d’habitants dont 20 % d’étrangers. L’Islam est la religion d’Etat mais les autres cultes sont tolérés (il y a d’ailleurs une église et un temple hindous dans la capitale).

Oman est une monarchie absolue où le Sultan est chef de l’Etat, Premier ministre et chef des armées. Il promulgue les lois par « décrets sultaniens ». En 1981 il institue un conseil consultatif d’Etat (Majlis) composé de 44 membres. Ils sont tous nommés par le Sultan puis en 1994 ils sont élus au suffrage indirect. Les femmes peuvent siéger depuis cette date au Majlis, plusieurs ont d’ailleurs été nommées par le Sultan au Gouvernement en tant que Ministres.

En 1996 le Sultan promulgue une Constitution sous la forme d’une loi fondamentale qui codifie les pratiques existantes, définit les principes de succession (le Sultan n’a pas d’enfant et est lui-même fils unique). Depuis 2003 le suffrage est devenu universel (hommes et femmes de plus de 21 ans) et direct. Les seuls mouvements d’oppositions qui apparaissent sporadiquement sont islamistes ou séparatistes (Dhofar). Face à eux la réponse du pouvoir est toujours double : répressive dans un premier temps (vagues d’arrestations en 1994 et 2005 qui font suite à des tentatives d’attentats) et douce dans un second avec la nomination à des postes plus ou moins honorifiques (et rémunérateurs) des principaux meneurs dans l’administration, au Gouvernement ou à la cour royale.

Oman est également confronté à des problèmes économiques et sociaux. Les réserves de pétrole et de gaz sont jugées réduites et le chômage des jeunes (très nombreux) augmente dans des proportions inquiétantes. Le Gouvernement a mis en place une ambitieuse politique d’éducation dans le pays augmentant sensiblement le niveau de formation de la jeunesse afin de faire émerger une élite culturelle et universitaire mais celle-ci peine à trouver des débouchés et l’omanisation des emplois de service ne peut satisfaire la demande de ces jeunes diplômés. Le Gouvernement a ainsi ouvert depuis 2002 les vannes du tourisme de plus en plus largement démultipliant les complexes hôteliers sur la côte quitte à remettre en cause l’obsession qu’avait le Sultan de préserver son peuple des affres du tout commercial qui a emporté l’âme de Dubaï.

Pays moderne qui respecte sa culture; pays de compromis et d’ouverture au monde, le Sultanat d’Oman tel que nous le connaissons aujourd’hui est l’œuvre du sultan et pour moi c’est une seconde maison mais ça … c’est une autre histoire … Part 2 en cliquant sur le lien

IGTBB

1 thought on “Le frisson de la révolte : regard sur le Sultanat d’Oman – part 1

  1. Bonjour:Je cherhce:exactitude adresse le palais:Royal du:Qabus ibn Saïd -Al-Said: Avec nº tél:Donnez votre réponse à ces sujets:E-Mail:faddoulmerhaba@yahoo.fr
    Avec tous mes remercièments anticipées.Merci.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *