Le frisson de la révolte : regard sur le Sultanat d’Oman part 2

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De Matrah à Mascate … le Sultanat d’oman

Il s’agit donc d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Je vous parle d’une seconde maison, d’un pays et d’un peuple que j’aime profondément sans pouvoir expliquer la source de cet attachement ancré dans mon cœur.

Loin des clichés qui collent à la peau des pays de la région, l’Oman dans lequel j’ai vécu n’a rien à voir avec le pays de l’or noir que Hergé a popularisé en dessins…

C’est le Pays de Sindbad le marin et de la reine de Saba… C’est un pays riche d’une histoire sans équivalent dans la région dont les frontières plongeaient au cœur de l’Afrique avec Zanzibar et de l’Asie avec le Baloutchistan. Un pays dont le peuple est en conséquence divers tant dans la culture que la couleur de la peau et la langue… Un pays dont le développement sans précédent, la modernité construite dans le respect des traditions locales sont intimement liés à un homme, le Sultan Qaboos bin Said al Said.

J’ai tellement aimé ce pays que j’y fus un piètre diplomate. Plus intéressé par la découverte des territoires, des coutumes et des gens que par la défense et la promotion des intérêts mesquins d’une France qui ne rêve plus.

A Oman j’ai trouvé cette espèce de douceur de vivre le temps présent, de repousser systématiquement à demain ce qui devait être fait hier, la prise de conscience que nos sujets « importants » sont en fait des mirages dont l’irréalité est patente.

A Oman j’ai eu ce plaisir incroyable de faire confiance dès le premier regard à des inconnus, de passer de réceptions officielles aux bars les plus glauques et parfois d’y croiser finalement les mêmes personnes…

Quand vous vivez dans un pays, que vous plongez dans ses entrailles, que vous vous y reconstituez une famille vous en avez naturellement une vision déformée. Je reconnais bien humblement que le pays de cocagne de ma mémoire est le fruit des déformations de mon cœur et de mon esprit. Je sais les corruptions, les inégalités, la liberté d’expression surveillée ; je sais les difficultés économiques et sociales, le chômage des jeunes diplômés…

Oman est une nation de plus en plus jeune dirigée par des gens de plus en plus vieux qui en bons pères de famille modernisent la vie quotidienne avec un rythme de sénateur. J’aimerais que la jeunesse omanaise regarde d’où vient son pays, où il en est et qu’elle accompagne ces changements plutôt que de se laisser aller aux soubresauts qui peuvent tout remettre en cause.

Les journaux occidentaux se jettent sur la première manifestation venue pour parler de révolution. Il n’y a qu’une révolution omanaise celle que ce pays construit pas à pas depuis 40 ans.

IGTBB

retrouvez Le frisson de la révolte : regard sur le Sultanat d’Oman part 1

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