Le clash des générations

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GRBJ0590Non rien de rien, non elle ne regrette rien cette génération du baby-boom qui a modelé le monde à son image et surtout à son service exclusif.

Ils sont nés entre 1945 et 1955 ; enfants de la guerre, princes de peuples qui voulaient une vie meilleure pour leur progéniture, une vie sans risque, sans conflit … une vie de croissance pacifiée.

Ils ont écarté du pouvoir politique, intellectuel, industriel et financier la génération de la guerre dès 1968 au travers d’une fausse révolution, fête sans fin de révoltés embourgeoisés et surprotégés. Les années 70 seront celles d’une génération de jeunes dirigeants, d’artistes donneurs de leçon dont la moralité reste souvent à géométrie variable. Ces années, sont à leur image : délurées, festives, sexuelles, talentueuses et d’un égoïsme sans limite.

Je sais cher lecteur, tu vas me dire qu’ils ont réalisé certaines des plus belles réformes sociales : Augmentation du nombre de jours de congés payés, diminution du temps de travail, avancement de l’âge légal de départ à la retraite… En France ces années sont aussi celles de la légalisation de l’avortement, de l’extension du droit de vote, de l’abolition de la peine de mort et de la libéralisation des médias…

Que dire de leur talent en termes d’innovation scientifique, cette génération a tout révolutionner dans la manière dont nous appréhendons le monde et la société… Que vous disais je … ils sont talentueux. Egoïstes, individualistes mais talentueux !

Le 1er post de ce blog parlait de la génération suivante celle née dans ces années 70, les trentenaires d’aujourd’hui. Une génération sacrifiée sur l’hôtel des plaisirs de celle la précédant.

Depuis la guerre, cette génération est la première à connaitre une large mobilité sociale descendante. Un trentenaire sur cinq a aujourd’hui une situation professionnelle socialement moins importante que celle de ses parents alors que pour la génération du baby-boom cette proportion n’était que d’un sur neuf.

L’explication est à chercher dans l’évolution non seulement du marché du travail mais aussi des politiques publiques. La génération du baby-boom est entrée sur un marché du travail marqué par une très forte croissance du tertiaire, l’émergence des nouvelles technologies et le glissement vers des qualifications du travail manuel vers l’ingénierie.

L’égalitarisme de mai 68 appliqué à la réforme de l’éducation a permis une explosion de la population de diplômés dévalorisant par la même le diplôme et l’éducation. Les baby-boomers ont été de plus en plus nombreux à accéder à des statuts de responsabilité ainsi le nombre de haut fonctionnaires a doublé entre 1970 et 2000. Il a donc fallu trouver de nouvelles missions pour ces cadres supérieurs à qui on a confié des postes autrefois occupés par les cadres moyens. Aujourd’hui les places se font rares et toute une génération se trouve à la porte de la réussite professionnelle attendant son tour tel un troupeau de Princes Charles.

La génération des trentenaires d’aujourd’hui a certes été élevée dans un certain confort matériel, avec l’idée que le progrès technologique et la croissance économique apporteraient bien-être et promotion sociale, comme l’avaient connus leurs parents. Cette évolution économique s’est accompagnée d’une éducation plus libre moins fixée sur l’autorité et les devoirs mais complètement axée sur les droits mais voilà un véritable fossé apparait entre les aspirations de cette génération telles qu’elles ont été forgées par son éducation, et la réalité qu’elle vit du fait de la politique menée par ses parents. La « trajectoire sociale descendante » est donc vécue encore plus tragiquement du fait que la génération anciennement cool a opéré dans les années 80 le tournant de la valorisation excessive de la réussite et de la stigmatisation silencieuse de l’échec.

A l’heure où les baby-boomers sont tentés de quitter la scène publique ils suppriment peu à peu tous les avantages sociaux qu’ils avaient mis en place pour eux même retraite à 60 ans, évolution positives des rémunérations, limitation du temps de travail, méritocratie universitaire …

Le bilan ne laisse aucun doute en 1978 la dette publique de la France est déjà de 72,8 milliards d’Euros…en 2009 elle a été de 1489 milliards d’euros… sans commentaire, il en effet temps pour nous de rembourser les dépenses publiques de nos chers baby-boomers. Je ne vous parlerai pas de la destruction des ressources énergétiques et environnementales, de l’évolution du montant des dépenses obligatoires (immobilier, nourriture …), du blocage des salaires et des retraites (à partir de 2017 donc pas pour « eux »)…

Je ne vous en parlerai pas parce que vous aussi vous savez bien à quel point nous sommes pris pour des cons … et si le XXIème siècle n’était pas celui du règlement de comptes entre religions mais entre générations ?

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