J’ai rencontré malgré moi les Enfants d’Alexandrie de Françoise Chandernagor

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Les enfants d'Alexandrie de Françoise Chandernagor
Les enfants d’Alexandrie de Françoise Chandernagor

Celle qui a ravi nos yeux en faisant déambuler nos rêves sur l’allée du roi en 1981 pour nous faire découvrir la réalité d’un mythe nous attire aujourd’hui derrière les murailles de l’Alexandrie de Cléopâtre et Marc Antoine. Y a-t-il seulement un couple plus mythique que celui là ? Sexe, amour, volupté, batailles, rêves d’Empire, meurtres, tromperies, passions et désastre… La rencontre improbable entre l’Occident triomphant, un peu nouveau riche, et l’Orient moribond dont l’histoire resplendit de mille souvenirs d’une gloire inégalée… Cléopâtre et Marc-Antoine.

De cette histoire, la romancière membre du jury Goncourt et de l’association « Liberté pour l’histoire »  aurait pu faire une merveille, un mythe servi sur un plateau. Mais voilà elle tombe très rapidement dans le piège tendu à tous ceux qui s’attaquent à l’Egypte ancienne : La peur du vide.

Disons le directement on ne sait presque rien de cette époque, de cette reine, de ses enfants. On ne connait que les mythes contés par ceux là même qui furent parti prenante au drame qui se joua à Actium. La plume de Françoise Chandernagor est rapidement figée par la peur de se faire malmener par les historiens « sérieux » attachés aux faits et à la réalité alors elle s’explique, se justifie, page après page sur le caractère supposé de ses personnages et elle noie l’histoire passionnante sous des tonnes de descriptions alambiquées et des pages d’ambiance. Lecture de poésies, diners interminables et sensibilité de petite fille on ressort de cette lecture sans savoir grand-chose de l’héroïne revendiquée Sélénée Cléopatre fille de l’Imperator et de la reine d’Egypte.

Cléopâtre eut quatre enfants. L’aîné, de César, appelé Césarion. Les trois autres de Marc Antoine: des jumeaux, Hélios, blond comme Soleil, et Séléné, nocturne comme Lune, enfin un dernier, souffreteux, Ptolémée. Très jeunes, ils sont victimes de l’implacable cruauté de l’Histoire, en fait d’Octave le premier César et ennemi de Marc-Antoine. Tous assassiné sauf, semble t’il,  Séléné. Survivante, acharnée à défendre la mémoire de sa lignée et à venger ses frères, elle sera “la reine oubliée” mais le livre s’arrête bien avant s’acharnant à jouer entre les rêves de l’auteur, les cauchemars de l’héroïne et les pages enfin passionnante où l’on retrouve l’histoire mêlée à l’Histoire.

Sélénée nous la retrouverons dans les tomes suivant pour ceux qui, fidèles à la première femme sortie Major de l’ENA, les achèteront, en espérant retrouver le souffle passionnant qui nous plus tant dans ses autres romans.

Soyons honnêtes je n’aime pas le choix narratif de l’auteur, l’absence de dialogues, l’enfermement dans un descriptif de sensations, la limitation de la période couverte par ce premier tome, le sentiment au terme de la lecture de ne pas savoir où l’on souhaite nous emmener ou même de ne pas bien savoir ce que nous avons lu … Pour autant on ne peut que rendre hommage au travail d’exactitude historique, aux précautions de langage et aux descriptifs de ce qu’étaient  non seulement Alexandrie mais aussi les héros de ce temps et de ce roman.

En fait, bien malgré moi, j’ai hâte de me jeter sur la suite …

si c’est aussi votre cas commencez par vous jeter sur Les Enfants d’Alexandrie

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