J’ai rencontré Versailles, l’opéra, Molière et Gounod en un seul soir

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Pour tout vous avouer je ne sais trop par où commencer. Dois-je vous parler du compositeur, de l’auteur, du spectacle où de la salle ?

Vendredi dernier je quittais mon bureau le cœur léger. Circulant tant bien que mal au travers des routes sinueuses qui mènent d’une capitale de France à l’autre, je suis finalement arrivé à Versailles sur les coups de 20h30. Mon attelage dument installé sur la place d’armes du Palais du roi soleil, je pouvais avancer sur ces pavés chargés d’histoire malgré les millions de touristes qui depuis des années ont effacés de leurs baskets les souvenirs des vanupieds qui, un soir d’octobre, délogèrent l’Histoire de ces murs majestueux.

Majestueux ils le sont toujours plus grâce aux travaux effectués dans le palais. La statue équestre de Louis XIV avancée prêt la place d’armes, la grille de la cour royale et de la cour de marbre, les fenêtres et les toits redorés font briller Versailles de mille feux et rappelle ainsi le palais des origines.

Je m’en allais donc vers une pièce en tout magique du château… l’opéra royal. Peut être le saviez vous mais Versailles ne disposait pas d’une vraie salle de théâtre ou plus généralement de spectacle sous Louis XIV. En général le roi soleil assistait aux représentations dans les jardins du Palais ou dans certains salons. C’est son arrière petit fils, Louis XV, qui décida que cette pièce était essentielle à la vie d’un roi. Il ordonna donc les travaux à l’occasion du mariage de son petit-fils, futur Louis XVI avec l’archiduchesse d’Autriche Marie-Antoinette. Conçu pour servir à la fois de salle de théâtre, de salle de festin et de salle de bal, l’Opéra royal fut inauguré le 16 mai 1770, lors dudit mariage. C’est un lieu chargé d’évènements où l’on imagine la figure de la reine Marie Antoinette apparaitre discrètement dans la loge royale cachée de grilles pour ne pas être déranger par les courtisans.

Initialement d’une capacité de 1400 places, l’opéra royal dans lequel on s’installe aujourd’hui été ramenée à 650 spectateurs. Il est majestueux et que l’on soit amoureux de l’Histoire ou simples curieux on ne peut s’asseoir sur ses sièges sans laisser un instant au moins vagabonder son esprit…

Alors que se lève le rideau marqué de trois fleurs de lys on se souvient qu’au-delà du lieu, nous sommes ici pour écouter les mots de Molière, la musique de Gounod et savourer la mise en scène géniale de Sandrine Anglade. C’est en 1858 que Charles Gounod transforme le Médecin malgré lui de Molière en opéra comique. Loin de réduire l’effet comique du livret il l’a démultiplié réussissant le pari incroyable de faire rire aux éclats petits et grands à coups de « glou glou » et autres onomatopées.

Permettez-moi de m’arrêter pour quelques mots seulement sur le cas du baryton Olivier Naveau qui interprétait ce soir là Sganarelle. Cet homme nous a fait passer une soirée merveilleuse. Sa voix nous fait oublier l’endroit où nous étions pour nous faire basculer dans le plaisir pur du spectacle, de l’humour et du vrai talent lyrique, celui qui s’entend, se devine mais ne se voit pas.

Que vous dire mes amis si ce n’est de courir à votre tour à l’opéra royal de Versailles.

Les prochains spectacles encore disponibles sont sur

http://www.chateauversailles-spectacles.fr/

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Le médecin malgré lui de Molière et Charles Gounod

2 thoughts on “J’ai rencontré Versailles, l’opéra, Molière et Gounod en un seul soir

  1. je suis Olivier Naveau et cette critique me fait très plaisir, les artistes font ce métier exactement pour ça, pour que les gens qui viennent les écouter repartent le coeur un peu plus léger et réjoui, c'est notre raison d'être

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