l’Amérique et le cauchemar français

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English version at the end of the post

Dominique Strauss-Kahn et son épouse Anne Sinclair

 

Le rédacteur en chef au Point, Hervé Gattegno résume en quelques mot ce qu’il faut penser du spectacle médiatique auquel on assiste depuis dimanche : « C’est bien cela qui est terrifiant : en 48 heures, DSK a peut-être tout perdu – ses fonctions au FMI, son avenir politique, sa liberté – et on n’a toujours pas entendu sa version des faits. C’est aussi pourquoi ces images ont tant de poids. Elles font de lui un coupable avant qu’il ait eu le droit à la parole. Et elles sont si cruelles qu’hier, pendant ces heures très pénibles, c’était impossible de ne pas le voir seulement comme un suspect, mais aussi comme une victime. »

Ainsi peut-on trouver scandaleux de laisser en pâture à la presse et au public un homme présumé innocent, en attente de jugement. On réalise peut-être la chance que nous avons de vivre en France où, grâce notamment au travail d’Elisabeth Guiguou en tant que garde des Sceaux de Lionel Jospin, une loi interdit de publier des images d’un homme arrêté par la police tant qu’il n’est pas condamné. La France, un pays où nous sommes protégés de nos instincts de voyeur par l’interdiction de filmer des procès… Nous connaissons désormais le pourquoi de cette barrière morale. Barrière qui sera respectée sur ce blog qui ne diffusera aucune image de DSK prisonnier.

La presse internationale et particulièrement l’américaine regarde quelque peu éberluée les réactions des médias français et avouons le des français eux-mêmes. Elle nous observe nous complaire dans le déni de base de la possibilité d’une culpabilité Strauss Kanhienne, dans une dénonciation de condition de jugement injustes, dans l’espoir à peine voilé de nous réveiller un matin en entendant que tout cela n’était qu’un énorme coup monté et que la victime n’était qu’une affabulatrice…

Ce que cette presse internationale ne réalise pas bien c’est la souffrance ressentie par beaucoup de nos compatriotes en découvrant les images pathétiques de l’homme que les Français, s’était de plus en plus évident, s’apprêtaient à choisir pour diriger à nos destinées. Les Américains aiment les vainqueurs, les combattants auréolés de gloire… Les Français sont quant à eux fascinés par la tristesse, l’échec, le destin sabordé d’un homme dont la vie bascule si vite. Il faut leur expliquer qui est DSK ; une sorte d’Obama qui aurait épousé Oprah Winfrey et qui serait arrêté pour viol un an avant son élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique … voilà ce qui vient de se passer en France. Voilà pourquoi nous n’arrivons pas à y croire ou plutôt voilà pourquoi nous ne voulons pas y croire.

Je ne sais pas vous mais en lisant les commentaires des lecteurs dans les journaux, les blogs et autres émissions de libre antenne, une chose m’a sauté aux yeux : le désaccord entre les hommes et les femmes sur la question.

De nombreuses femmes pointent la situation de la victime expliquant à quel point elles sont choquées par la nature du crime dont DSK est accusé alors que les hommes sont d’abord choqués par la situation de DSK lui-même. Il existe donc encore du chemin à faire sur la question du viol dans notre pays, sur la nature et l’importance de ce crime, sur son caractère absolument insupportable pour tant de femmes qui n’hésite pas à dire qu’un viol est pire qu’un meurtre … mais c’est déjà un autre débat.

IGTBB

The editor of the Point , Herve Gattegno summarized in a few words what to think of the media spectacle that is taking place since Sunday, “Well it is terrifying: within 48 hours, DSK has perhaps lost everything – from the IMF, its political future, his freedom – and we still have not heard his version of events.  This is also why these pictures have so much importance. They make him guilty before he had the right to speak. . And they are so cruel that yesterday, during these times very painful, it was impossible for French people not to see him only as a suspect, but as a victim. » “

So can we find outrageous to leave alone in the middle of the press and the public a man presumed innocent pending trial. Maybe you realize how lucky we are to live in France where, thanks to the work of Elisabeth Guiguou as Justice Minister of Lionel Jospin, a law prohibits the publication of images of a man arrested by police as long as he is not convicted.  France, a country where we are protected of our voyeuristic instincts of the ban on filming trials … We now know why this moral barrier is good. A barrier that will be respected on this blog that will not broadcast any image of DSK as prisoner.

The international press and particularly the U.S. looks somewhat bewildered reactions of the French media and let’s face it the French themselves. She watches us indulge in denial of the basic possibility of a “Strauss Kanhienne” guilt  in an information condition of unfair trial, in hopes barely veiled we wake up one morning and heard that it was all that a huge set-up and the victim was a fable …

What the international press does not realize though is the suffering felt by many of our compatriots in discovering the pathetic images of the man whom the French were more and more obviously  about to choose to govern.  Americans like winners, fighters crowned with glory … The French are fascinated by them about the sadness, failure, scuttled the fate of a man whose life changes so fast.  They must explain who is DSK, a kind of Obama, who would marry Oprah Winfrey and would be arrested for rape a year before his election to the presidency of the United States of America … that is what just happened in France.  That’s why we do not believe or rather that is why we dont want to believe it.

I dont know if you realize that but reading comments from readers in french newspapers or blogs one thing jumped out at me: the disagreement between men and women on the issue.

Many women point to the position of victims telling how they are shocked by the nature of the crime charged is DSK while men are initially shocked by the situation of DSK itself.  So there are still some way to make on the issue of rape in our country, the nature and extent of this crime, its absolutely unbearable nature especialy for many women who never hesitate to say that rape is worse a murder … but it’s another debate.

IGTBB

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