Nick Clegg doit partir ou le carnage électoral du 5 mai

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Nick Clegg
Nick Clegg

Le Royaume-Uni a voté cette semaine dans l’indifférence générale des médias européens.  Anglais, Ecossais, Gallois et Nord-Irlandais participaient à deux scrutins : les élections locales avec notamment 6000 sièges de conseillers municipaux à pourvoir et le referendum sur le mode de scrutin pour les élections législatives, pierre angulaire du programme des Lib-Dem de Nick Clegg ancien chouchou des sondages…

Ces scrutins dont les premiers résultats étaient disponibles hier se traduisent par un véritable carnage pour le parti centriste. Non seulement le nouveau mode de scrutin dit « alternatif » a été rejeté par 68% des votants mais en plus les Lib-Dem perdent des centaines de sièges et 4 mairies alors que les conservateurs de David Cameron sauvent les meubles. Le coup le plus dur est la défaite hautement symbolique à Sheffield (nord de l’Angleterre), fief du vice-Premier ministre et chef de file du parti Nick Clegg, au profit de l’opposition travailliste.

Aucun doute, Pour le leader des libéraux-démocrates et son parti, la soirée électorale du 5 mai a été “la plus désastreuse depuis des décennies”. Les électeurs avaient à choisir entre l’adoption d’un mode de scrutin préférentiel (dit alternatif), qui favorise les petites formations, ou le maintien du système majoritaire à un tour pour les élections nationales, qui avantage les partis traditionnels.

Mais au-delà de cet enjeu, ils ont manifestement voulu sanctionner les libéraux-démocrates, artisans de ce référendum dont ils avaient fait une condition à leur “mariage de raison” avec les conservateurs, mais aussi accusés d’avoir renié des promesses de campagne et cautionné la politique d’austérité du gouvernement.

Nick Clegg avait porté au Gouvernement pour la première fois depuis 80 ans ce petit parti au passé glorieux avec pour seul objectif l’adoption du nouveau mode de scrutin. Pour cet objectif il avait tout sacrifié de ses principes et de son programme se soumettant tant à David Cameron qu’au ministre Osbourne  qui porte le pire projet d’austérité économique jamais connu de ce côté-là de la Manche. Les Britanniques ont ainsi délivré un message clair aux participants à ce jeu de dupes : ca suffit !

Nick Clegg doit en tout état de cause tirer les conséquences de ce massacre en s’expliquant les yeux dans les yeux avec les britanniques et en quittant au plus vite cette coalition contre nature. Il doit partir et se sacrifier pour sauver ce qui peut l’être de son parti. Et pourtant … Il a rejeté l’idée que son parti quitte le gouvernement. “Nous devons (…) créer des emplois. C’est le travail qu’on a commencé et qu’on va mener à bien”, a-t-il affirmé, alors que certains dans sa formation se risquaient déjà à demander sa démission. Le Premier ministre David Cameron est également monté au créneau vendredi pour affirmant “Je suis absolument déterminé à faire en sorte que ce gouvernement de coalition, que je pense bénéfique pour le pays, fonctionne pendant les cinq années de cette législation”. Mais les libéraux démocrates de base savent, eux, qu’ils sont les dindons de la farce et ils pourraient rapidement sceller le sort de leur leader.

En parallèle à ce gâchis politique un autre évènement a secoué ce scrutin du 5 mai … le vote écossais. En effet on votait aussi pour élire les membres des parlements des régions britanniques semi-autonomes d’Ecosse, du Pays de Galles et d’Irlande du Nord. Au pays d’origine de la famille royale, le parti national écossais (SNP, indépendantiste), a effectué une spectaculaire percée… la presse britannique annonce déjà un référendum sur l’indépendance dans les 5 ans …

IGTBB

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