Le mot du jour “sentencieux”

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le sentencieux vu par François Frapar

On dit d’un propos qu’il est sentencieux quand il est déclamatoire, doctoral, doctrinaire, dogmatique, emphatique, grandiloquent, grave, pompeux ou encore professoral.

Être sentencieux est donc soit une faiblesse de style soit une méthode de communication pour donner un certains relief à son propos, prendre de la hauteur sur un sujet qui mérite qu’on le regarde avec soin.

J’aime aussi à utiliser cette méthode, il semblerait que je ne sois pas le seul, pour m’évader d’une conversation futile, cacher mon non-intérêt derrière une phrase qui finalement ne se plait à être lue que par sa beauté. Néanmoins se laisser aller à ce seul second degré serait méconnaitre la réalité absolue définie par un philosophe allemand que je crois être Hegel: “c’est dans les mots que nous pensons”.

Ainsi Paul Eluard n’a pas seulement cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité, il ne jouait pas un quelconque rôle; il l’a fait. Derrière l’effet de manche transparait l’action volontaire de marquer son auditoire ou lectorat par un message à la fois clair, abrupt mais aussi mystérieux et d’apparence badine… un mot qui de fait n’appelle pas de réaction ou de déni; un message qui se suffit à lui même portant dans sa forme la conclusion de toute querelle.

Ainsi si l’imbécile est  sentencieux malgré lui, l’être doté d’intelligence et de culture est toujours volontairement sentencieux. Il peut même parfois ériger cette forme de communication en art … quand le volontairement s’accouple ainsi à l’inutilement on frise la jouissance stylistique !

 

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