Part 3 : le mariage gay … France, France, réponds à ma triste querelle…

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mariage gay

La lutte pour l’égalité des droits ne doit pas être un combat personnel. Il ne peut s’agir d’une réflexion intellectualisée ou terre à terre. Cette lutte est celle des principes sur lesquels chacun doit se retrouver. Parce qu’un blanc doit, par principe, lutter contre l’apartheid, parce qu’un catholique et un musulman doivent se retrouver dans le combat contre l’antisémitisme ; la lutte contre l’homophobie et pour légalité des droits ne peut se limiter au seul combat des gays. Il ne s’agit pas là du combat d’une communauté ou alors c’est celui de la communauté française qui se targue à tout va d’un principe oublié : l’égalité.

Bien sur, concernant de telles thématiques la lutte peut parfois devenir très personnelle. C’est le cas par exemple pour Erica Díaz la petite-fille du pasteur et sénateur démocrate d’Albany Ruben Díaz. Alors que ce dernier multiplie les déclarations virulentes contre les droits des gays, sa petite fille est sortie du silence en doublant son coming-out d’une condamnation toute personnelle : «Je veux qu’il sache que chaque mot qu’il prononce blesse son propre sang».

En France, les gays continuent de se battre contre l’image renvoyée par les médias d’une France progressiste qui accepterait les différences de ses enfants. Les médias, miroir de la vie parisienne, si éloignée de la réalité quotidienne de celles et ceux qui vivent cachés, oubliés parce que différents.

La France qui attend François Mitterrand et les années 80 pour dépénaliser les relations homosexuelles.

La France où, lors du débat sur le Pacs, biscuit apéritif de l’égalité des droits, une élue de droite sort la bible à l’assemblée, les députés communistes font défaut à la majorité « progressiste », Lionel Jospin recule condamnant les gays à s’unir au tribunal…

La France dont les rues résonnent encore des cris « les PD au bucher » lancés par des élus du peuple, pour certains d’entre eux, secrètement homosexuels …

Aujourd’hui Bas les masques

Voici donc venu le jour du 1er débat de l’histoire de l’Assemblée nationale sur le mariage gay. Les lignes politiques semblent bien dessinées, du moins en apparence. La totalité des députés de gauche devrait se prononcer pour, de même que le centre-gauche tandis que UMP et les quasi FN de la majorité présidentielle, devrait s’y montrer défavorable… En tout état de cause le texte sera rejeté.

Mais le vrai enjeu de cette discussion est ailleurs. Comme le dit Jean-Luc Romero «C’est désormais l’heure de vérité pour le Modem, les Radicaux, les Villepinistes et les députés UMP et Nouveau centre qui se sont déjà déclarés favorables au mariage gay ». Voici venu le temps de tomber les masques pour ces élus qui se déclarent « progressistes ». Il n’y a pas de demi-mesure, pas de compromis possible : « OUI » ou « NON » à l’égalité des droits pour les citoyens de ce pays quelque soit leur « identité sexuelle » !

Vous retrouverez le texte de la proposition de loi en cliquant sur ce lien

Nous publierons évidemment la liste des députés qui auront voté en faveur de ce texte … En fait, les élections législatives auront lieu en juin de l’année prochaine …

Pour votre plus grand plaisir le florilège des débats sur ce texte en commission ca promet tout à l’heure au Palais Bourbon

Mme Brigitte Barèges. […] L’enjeu du débat sur le PACS était que les couples homosexuels aient les mêmes droits que les couples hétérosexuels. Que leur manque-t-il aujourd’hui à part la robe de mariée ? Au nom de l’évolution des mœurs, notre société, dont les fondements laïques et républicains sont établis depuis des siècles, devra-t-elle prendre en compte, comme l’a dit mon collègue, d’autres pratiques sexuelles – et pourquoi pas le mariage avec les animaux ou la polygamie, si d’autres religions prennent le pas sur notre tradition judéo-chrétienne ?

M. Noël Mamère. Honte à vous ! Comment dire de pareilles inepties ?

Mme Brigitte Barèges. J’exagère, bien sûr, mais c’est pour montrer où mène l’absurde. Il faut tout de même des barrières et des règles pour garantir la vie en société et les traditions. Ce que vous qualifiez de communautarisme n’est que la démocratie, c’est-à-dire la règle du plus grand nombre.

M. Alain Vidalies. […] Je n’imaginais pas que la droite en était encore là aujourd’hui !

M. Philippe Gosselin. Ce n’est pas la position de la droite ! Mme Barèges a parlé un peu vite, voilà tout !

[…]

M. Christian Vanneste. L’institution matrimoniale est au cœur de l’anthropologie. Le mariage, qui peut prendre différentes formes, a toujours pour but de permettre à des groupes de s’allier pour créer des filiations, ce qui suppose deux partenaires de sexes différents. À l’opposé de cette logique, le texte vise à créer une situation juridique propre à notre société, en créant une protection et des droits permettant de rapprocher deux personnes du même sexe qui éprouvent des sentiments l’une pour l’autre. Cela ne concerne en rien la société, qui doit seulement se préoccuper de son avenir, de sa permanence et de ses structures.

Longtemps, comme l’a montré Luc Ferry, on n’a pas fait appel au sentiment pour conclure les mariages. C’est récemment que celui-ci a été installé au cœur de la relation matrimoniale, le seul point qui intéresse la société étant la rencontre de deux sexes et la perpétuation des générations.

Nos collègues de l’opposition et nous-mêmes sommes dans deux logiques différentes. Il n’y a pas lieu de débattre plus avant ni de nous affronter.

M. Alain Vidalies. Il y a des mariages stériles !

M. Christian Vanneste. Pas dans l’intention !

[…]

M. Jean-Sébastien Vialatte. De toute évidence, il s’agit d’un texte de circonstance, visant à faire apparaître la majorité comme un conglomérat de dangereux réactionnaires, auxquels s’opposeraient de valeureux progressistes.

M. Bruno Le Roux. Bonne analyse !

 

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