Super Poutine défend la Russie contre les zombies démocrates

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La  BD qui met en scène le Premier ministre sauvant la Russie a été traduite en français.

Par QUENTIN GIRARD Libération

Extrait de Super Poutine.

Extrait de Super Poutine.

Poutine, en kimono blanc, conduit un bus à plus de 80 km/h pour éviter qu’il n’explose. Medvedev, transformé en un gnome-ours, vient à sa rescousse avec son Ipad2. Mais, là, soudain, sur la route embouteillée, apparaissent des zombies qui réclament plus de démocratie et la libération de Khodorkovski.

Non, vous n’avez pas abusé de la vodka ce week-end (enfin si, peut-être) et non, ce n’est pas une pub bizarre pour Apple. C’est juste le début de la Bd Super-Poutine, dont les planches sont apparues sur Internet le 24 mai.

Un mois plus tard, sa traduction française est désormais disponible (gratuitement, cliquez ici). La 34e planche s’arrête sur ce qui s’annonce être un affrontement entre le Premier ministre russe et un sumo en mode Street Fighter.


Depuis le début de sa parution, c’est un succès, elle aurait déjà été lue plus de deux millions de fois. L’auteur, un jeune russe de 25 ans, Sergei Kalenik, explique qu’il a écrit sa BD en deux semaines -ce qui expliquerait pourquoi elle est objectivement mauvaise – et «qu’il voulait attirer l’attention sur le contexte politique déprimant en Russie». Selon lui, plusieurs médias ont refusé de publier ses cases au départ car il décrivait Medvedev en gnome. Il préparerait déjà un second épisode.

Sauf qu’on ne sait pas si cette BD est vraiment une critique du pouvoir. Ainsi, selon RFI, «des internautes russes prétendent que cette bande dessinée aurait pu être commandée par le Kremlin, voire par les services de Vladimir Poutine». Certains y voient la main de Vladimir Surkov, l’idéologue du Kremlin. On peut remarque que, mine de rien, Vladimir Poutine affronte ce qui sont censé être les prinicipaux dangers menaçant la Russie: Al-Qaeda puis les démocrates inconstants et enfin l’Asie obèse.

Surtout, la BD traduirait également l’affrontement entre les deux hommes forts de Moscou avant l’élection présidentielle de 2012 et alors que Medvedev assume ses «envies» d’un second mandat. D’un côté donc le Premier ministre, celui qui prend tous les risques, de l’autre, le Président, un gnome qui a besoin de la technologie pour résoudre les problèmes.

Poutine, un sur-homme

Poutine représenté en super-héros, ce n’est pas si  nouveau. L’homme aime se mettre en scène et cultiver une apparence de sportif proche de la nature, à des fins de propagande. Dans le même temps, il reste très discret sur sa vie privée. On ne sait même pas ainsi s’il est encore officiellement marié !

Cet imaginaire a fini par imprégner la culture populaire. Il est devenu en mai l’un des personnages d’un jeu sur réseau social Vkontakte (le Facebook local). Vêtu en militaire, évidemment.

En fin d’année dernière, des jeunes filles d’une école de journalisme de Moscou lui ont également rendu hommage, avec des slogans comme «Si les hommes étaient tous comme vous…» ou «[Poutine] a maîtrisé les feux de forêts, moi je brûle encore».

Plusieurs chansons de pop le mettent en scène. L’une, même, du groupe ukrainien Dress Code, le montrait plus fort que James Bond. Diffusée au moment de tensions importantes entre les deux pays, en 2009, la chanson avait été interdite sur les ondes ukrainiennes.

«Il sera toujours là quand vous en aurez besoin. Il vous protégera. S’il le faut, il tapera les méchants et les enverra au trou. Bien sûr, Vova commande. Forcément, il commande juste comme il faut.», déclamaient les chanteurs. Dormez bien, Poutine veille sur la Grande Russie.

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