Bachmann: «Les enfants noirs allaient mieux quand ils étaient esclaves»

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Article repris depuis Slate.fr

«L’esclavagisme a eu un impact désastreux sur les familles afro-américaines, mais malheureusement, un enfant né dans l’esclavage en 1860 avait plus de chances d’être élevé par sa mère et son père dans une famille avec deux parents qu’un bébé afro-américain né après l’élection de l’actuel Président des Etats-Unis

Michele Bachmann

Voilà le très douteux préambule de la pétition signée par la chouchoute actuelle du Tea Party, Michele Bachmann, comme le rapporte le site américain Politico.

Jusqu’ici, la première femme républicaine élue au Congrès s’en sortait pourtant très bien dans sa campagne pour être nommée candidate de son parti: elle était presque coude à coude avec Mitt Romney, homme politique pourtant plus chevronné aux Etats-Unis, souligne le Guardian.

Mais elle devrait apprendre à «lire les petits caractères quand le mot esclavagisme apparaît», s’amuse le quotidien britannique. Car en posant sa signature sur une pétition de «voeu de mariage» rédigée par le groupe évangéliste d’Iowa FAMiLY LEADER, Michele Bachmann a déclenché une polémique considérable. Mère de 5 enfants, et nourrice de 23 autres, très religieuse, il n’y avait pourtant rien d’étonnant à ce qu’elle prenne position contre le mariage homosexuel –un de ses chevaux de bataille– dans cette charte.

La blogosphère n’a pas tardé à relever les propos du document, notamment le blog politique «black bourgeois» américain Jack and Jill’s Politics, qui a fait immédiatement part de son indignation:

«Etant donné que les familles étaient régulièrement brisées pour que certains de leurs membres soient vendus et que le viol perpétré par les maîtres était monnaie courante, ces propos ne pourraient pas être plus offensants […] Quand les républicains vont-ils enfin demander aux vrais noirs si on est d’accord avec le fait d’invoquer l’esclavage à tort et à travers pour marquer des points politiques faciles?»

En général, c’est une mauvaise idée pour un politique de parler de l’esclavage sans avoir bien «fait ses devoirs», souligne le Guardian. Et en l’occurrence, le préambule a «clairement raté le coche.» Dans le Washington Post, Alexandra Petri explique d’ailleurs que «peut-être y avait-il deux parents dans les familles [des esclaves] mais ça n’améliore pas la situation de famille où les enfants sont traités comme de la propriété. Est-ce qu’on veut vraiment aller dans cette direction?»

Face à la réaction outrée des médias et des internautes les évangélistes de FAMiLY LEADER ont enlevé le paragraphe litigieux de leur pétition. Seulement le mal est fait, constate le Guardian, puisque Michele Bachmann et un autre candidat à la présidence, Rick Santorum l’ont signé avant les modifications.

Le passage de Bachmann en Iowa devait pourtant être stratégiquement payant: l’Etat est courtisé actuellement par les républicains et peut s’avérer décisif pour une nomination à l’investiture d’un parti, comme cela avait été le cas pour Barack Obama en 2008.

La représentante du Minnesota à la Chambre des Représentants n’en est pas à sa première bourde: selon le site Politifacts, elle serait la candidate à l’investiture qui aurait fait le plus de fausses déclarations.

Et elle s’était déjà «attaquée» à la question de l’esclavage, notamment en affirmant que les Pères Fondateurs des Etats-Unis, ayant rédigé la Consitution «s’étaient échinés à combattre l’esclavage», alors que beaucoup d’entre eux étaient en fait… esclavagistes comme l’a fait remarquer le présentateur de l’émission Good Morning America.

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