La maturité politique du peuple Marocain

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Mohammed 6 VI

Le peuple marocain s’est plongé avec délectation dans une période de maturité politique qui fait honneur à toutes les évolutions sociales que le pays a connu depuis plusieurs décennies. Il ne s’agit en aucun cas d’un reniement de la politique marocaine depuis l’avènement de Hassan II mais d’une œuvre de continuité et d’achèvement ; la prise en compte de la démocratisation économique et sociale qui a permis l’émergence d’une classe moyenne éduquée qui recherche, dans un mouvement à la fois naturel et schizophrène la démocratie et le conservatisme.

Ainsi, les Marocains ont voté, vendredi, à plus de 98% pour le “oui” au référendum sur le projet de révision constitutionnelle avec un taux de participation de 72,65 %.

Il s’agissait du premier référendum organisé par le roi Mohammed VI qui a accédé au pouvoir en 1999. Répondant aux manifestations et aux risques d’importation du mouvement du printemps arabe, le souverain a proposé à son peuple de renforcer les pouvoirs du premier ministre et du Parlement tout en préservant la prééminence politique et religieuse du monarque. Ainsi, le premier ministre, qui sera toujours issu du parti vainqueur aux élections, aura la possibilité de dissoudre la chambre des représentants, ce qui était du seul attribut du roi avant le projet de réformes.

La réforme constitutionnelle n’impose pas au royaume une « démocratie » selon le modèle occidental mais elle n’est pas sans nous faire penser à la réforme de 1867 mettant en place, en France, l’Empire libéral ; un modèle nouveau alliant le respect de l’autorité paternaliste du souverain et la mise en avant des attentes de la classe moyenne qui souhaite participer activement à la gestion des affaires du pays.

Si ceux qui rêvent secrètement de renverser le régime se lamentent en critiquant les résultats de ce referendum, les amis du Maroc se félicitent de voir un peuple mature qui choisi le chemin de la réforme pacifiste et démocratique.

Il s’agit enfin d’un résultat important pour les voisins du Maroc et notamment l’Algérie ; il démontre aux yeux des peuples arabes que la réforme est possible sans le chaos et devrait motiver davantage l’opposition algérienne et le peuple qui sont de plus en plus fatigués d’être privés du seul droit qui compte, celui de prendre en mains sa propre destinée.

IGTBB

 

 

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