Pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle

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Rangez banderoles et sarcasmes, votre serviteur a un sens du ridicule bien plus développé que Nicolas Dupont Aignan, le matador des maisons de retraite de la Creuse. Non, je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle mais je m’interroge sur les raisons qui peuvent pousser certaines femmes et leurs congénères masculins à se lancer dans le grand bain … à prononcer un jour ces quelques mots qui vont changer à jamais le regard des autres. De Martine Aubry à marine Le Pen en passant par les deux François, hollande et Bayrou, Nicolas Sarkozy et la flopée incontrôlable de celles et ceux qui un jour, se rêvent en monarque républicain ou révolutionnaire.

Je ne vous apprends rien, notre république, derrière les apparences du théâtre parlementaire est avant tout présidentielle et, je ne m’en cache pas, j’en suis heureux. Vaste débat qui oppose depuis des dizaines de décennies ceux qui croient en l’apogée de l’assemblée et ceux qui vomissent le régime de la compromission. Je préfère ainsi les faiblesses d’un seul homme à l’addition des ambitions de quelques centaines…

 

Nicolas Sarkozy

Pourquoi se porter candidat au poste suprême ? Permettez moi d’écarter d’un trait de plume surement méprisant l’argument pathétique entendu chaque matin au comptoir de la désormais célèbre Mme Michu : l’ambition et l’appât du gain ! Faire de la politique sans être ambitieux est stupide (jugement de valeur) et inefficace cela reviendrait à être producteur de melon tout en en détestant l’odeur et le gout … Un tel individu n’aurait d’avenir agricole que dans une émission pour agriculteur esseulé sur M6.

Soyons sérieux il existe dans la classe politique contemporaine 4 raisons de se porter candidat à la présidence : parce qu’on pense qu’on va gagner, parce qu’on pense que ca va nous permettre de gagner la suivante, parce qu’on a presque gagné la fois précédente, parce qu’on veut témoigner de notre idéologie.

 

François Hollande

 

La première catégorie ne me pose aucune difficulté. On y trouve la plupart des candidats des partis de gouvernement à savoir cette année Martine Aubry, François Hollande et Nicolas Sarkozy. Tout laisse penser que l’un de ces trois énergumènes sera le prochain (ou la prochaine) Président(e) de la République.

La seconde catégorie est un grand classique de la politique française, qui est en cela très différente de la politique américaine où on tente rarement de se présenter plusieurs fois à l’élection… à ce jeu seul R. Nixon a réussi à la seconde tentative, les autres ont été élus dès la première fois. En France François Mitterrand sera candidat en 1965 et  1974 avant d’être élu en 1981. Jacques Chirac lui s’est présenté en 1981 et 1988 avant d’être élu en 1995. Mais attention ca ne marche en général qu’avec les candidats à la tête de partis politiques de 1er ordre. Les candidatures récurrentes des communistes, trotskistes ou frontistes ont toutes été vouées à l’échec…Pour éviter la démultiplication de ce genre de candidatures, le parti socialiste a trouvé la parade : les primaires.

 

 

Ainsi les « ambitieux » vont-ils pouvoir s’affronter sans affaiblir le parti lors du 1er tour. Cette année le combat des coqs se déroule entre Manuel Vals et Arnaud Montebourg. Ces deux zouaves savent parfaitement qu’ils n’ont aucune chance de gagner les primaires et le seul objet de toute leur campagne interne est de savoir lequel sera devant l’autre ; lequel pourra être le recours en cas de nouvelle défaite socialiste en 2012. Il y a dans la bassecour socialiste un troisième coq, le porte parole du parti, Benoit Hamon. Lui a fait un choix, à mon sens, plus judicieux. Pariant sur la victoire du candidat socialiste, il se veut un partenaire incontournable de la future présidence et un successeur par avance intronisé. Il y a aussi, frissonnons un bon coup, Marine le Pen. Elle le sait Marine que 2012 n’est pas son année, elle espère même secrètement ne pas être au second tour ce qui réveillerait le peuple de gauche … non Marine elle veut un bon score, une troisième place bien marquée qui fera d’elle, en 2017, le recours naturel si la présidence suivante devait être aussi catastrophique que l’actuelle …

 

Débat entre Ségolène Royal et François Bayrou entre les 2 tours de l'élection présidentielle de 2007

Vous pourriez me dire que j’ai oublié l’inoxydable Ségolène Royal. Mais voilà je me vais me permettre de la classer avec son ami François Bayrou dans la 3ème catégorie, celle de ceux qui sont passés à rien du succès et qui n’arrivent pas à s’en remettre. En 2007 ils étaient les candidats inattendus, ceux qui auraient pu …. Oui ils auraient mais leur place dans l’histoire s’écrira toujours au conditionnel parce que justement (spoiler) ils ont échoués et qu’ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, surtout Bayrou. L’homme du centre, celui qui passe aussi facilement du fédéralisme européen au gaullisme national, l’homme de la droite catholique qui réinvente le nihilisme du centre si agréable à mon oreille a oublié en 2007 d’écrire un programme … et le pire c’est bien sur que les Français s’en sont rendu compte ! Exit donc Bayrou et Royal qui en 2012, je le regrette pour eux, ne seront qu’un fantasme pour celles et ceux qui se nourrissent de l’onirisme politique, des illusions passagères.

Nous voici donc parvenus à la 4ème catégorie, mes amis les empêcheurs de tourner en rond, les donneurs de leçon qui n’ont pour seul intérêt de systématiquement jouer contre leur propre camp. Celles et ceux qui refusent le principe même de nos institutions et pleurent à chaudes larmes sur un passé que nous espérons à jamais révolu. Il y ceux qui pensent « révolution » mais qui participent aux élections car depuis bien longtemps ils ont oublié à quoi peut bien ressembler une « révolution »… il y a mes amis écolos qui n’ont de cesse de systématiquement choisir le plus nul d’entre eux comme candidat par peur, peut être, de voir l’un des leurs devenir ce qu’ils détestent le plus : le chef. Il y a les illuminés du pouvoir, les hommes à destin comme Dominique de Villepin ou Jean Luc Melenchon qui attendent le réveil du peuple, un 18 juin sans Waterloo…

Ils sont tous là prêts à jouer à nouveau au théâtre d’ombres : je ne vous mentirai pas, je suis là pour gagner, je fais don de ma personne à la France, nous allons construire une France pour tous, je présiderai autrement, ensemble tout redevient possible …. Lequel mes amis fera des conditionnels de la campagne un futur pour les français ?

IGTBB

 

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