Mon ami “Don Quichotte”

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Don Quichotte

Tel le chevalier de narnia, le second blogueur le plus célèbre de Puteaux est descendu de son cheval blanc pour défendre les onirismes institutionnels et politiques qui lui sont si chers… En fait cela lui arrive régulièrement et côte à côte sur des terrasses pluvieuses parisiennes, nous aimons refaire ensemble le monde et la politique, sans que cela ne prête à conséquence puisque qu’aucun de nous n’exerce la moindre responsabilité publique et force est de parier que cet état de fait devrait perdurer encore pendant de nombreuses années jusqu’à ce que nos corps se mélangent à la terre de cette douce France à laquelle il crie chaque jour son amour … sans réponse mais avec tant d’espoirs…

La semaine dernière j’eus l’outrecuidance d’écrire les mots suivant : « Pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle » … Parfois ma muflerie se faufile dans les détails … car finalement voici un titre de post qui suscite, ne serait ce qu’un instant, l’émoi de notre Don Quichotte moderne dont tous les articles commencent par le mot « pourquoi »… Non pas « d’usurpation » ni de souvenir de vieilles chansons des années 70 juste quelques mots que l’on entend à chaque élection … prononcés notamment par Nicolas Sarkozy en 2007, Jean-Luc Romero en 2009 et même Eric Naulleau en 2011 … Alors oui disons un hommage à toutes ces sommités internationales qui écrivent un jour « pourquoi »…

Une fois passée cette question formelle introductive de la réponse à mon post initial, je me suis plongé avec délectation dans le fruit de la verve véhémente de mon ami engagé pour découvrir un monde qui n’a jamais existé… ce monde d’institutions idéales, d’hommes d’honneurs, de politiciens vertueux au service de la communauté… d’une certaine idée de la France … comment peut on être encore à ce point gaulliste ? Et encore, le Général lui-même n’était il pas adepte de ces petites compromissions qui servent les grands desseins ?

La politique n’est que l’ambition d’un homme au service d’un projet global, l’un n’existe pas sans l’autre… Parfois l’homme est plus grand que son ambition mais bien souvent nous ne sommes que des vermisseaux bouffés par nos rêves inaccomplis, par nos ambitions déçues… Certains deviennent des adultes qui vivent dans la réalité, la leur, d’autres se laissent aller à préférer ces moments de solitudes où ils sont un autre… J’ai la faiblesse de trouver ca triste chez le quidam et drôle, bien que pathétique, quand cela s’affiche sur la scène politique… oui je l’avoue je trouve Nicolas Dupont Aignan pathétique mais drôle …

Mon Don Quichotte putéolien écrit « Se porter candidat est un acte fort réservé à un petit cercle de femmes et d’hommes qui dispose de compétences minimales, de la vision d’une France fidèle à son héritage mais ouverte au monde, d’une volonté de transmettre à nos enfants le meilleur et non le moins mauvais. » Ma vision plus « pathétique » de la vie politique française me porte à croire que « se porter candidat est un acte fort » ouvert à tous les français qui en ont le droit ! Se porter candidat est un choix personnel que nous n’avons pas à réserver, du haut de notre tabouret médiatique, à une quelconque élite pour laquelle nous tracerions malhabilement, à la craie périssable, les conditions d’appartenance… Nos seuls droits, en tant que citoyens de ce pays, sont de débattre de la pertinence de voter pour tel ou tel autre candidat puis de nous déplacer dans les urnes le jour dit pour exprimer un choix définitif…

J’avoue m’être enthousiasmé moi aussi pour des candidats par le passé, et tenez vous bien, pour des programmes ; j’étais jeune et je croyais qu’il existait encore des hommes et des femmes qui parvenaient jusqu’à la candidature au poste suprême sans avoir été bouffés par le système. J’avais 15 ans quand des amis de mes parents qui me savaient passionner par la chose publique me racontèrent qu’un jeune homme politique de leurs amis leurs avait confié : « je ne sais pas combien de temps je vais tenir avant de perdre toutes mes valeurs »… C’était il y a 20 ans et il s’appelait François Fillon… Que reste-t-il de ce gaulliste social, compagnon de Philippe Seguin qui croyait que la justice sociale devait primer sur le libéralisme économique ?

Non cher ami la politique n’est pas pire qu’hier, elle est la même, elle se complait dans un cercle vicieux d’ambitions, de scandales et d’échecs misérables. Il arrive parfois, si rarement, que l’ambition d’un homme rencontre un destin national parce que l’Histoire s’écrit à ce moment précis… mais combien de ces honnêtes gens disparaissent dans les abîmes de l’oubli pour qu’un seul parvienne, en un siècle, à gouverner ses congénères ?

La Vème République de Nicolas Sarkozy n’est ni pire ni meilleure que celle de Giscard d’Estaing, de ses ministres qui se suicident dans une flaque d’eau ; elle n’a rien à envier à la IVème de Vincent Auriol ou à la IIIème de Grévy où les décorations s’achetaient déjà à prix d’or … La question n’est pas de savoir si le peuple est sage ou non… il assume simplement la responsabilité de faire confiance 99 fois sur 100 à des hommes qui n’en sont pas digne…

Chassez donc ce gout amer qui persiste au fond de votre gorge, prenez la France et la République pour ce qu’elles sont : des théâtres d’ombres où parfois la lumière se fait…

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