Sexe à long terme : la routine et l’habitude sont nos amis

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Je vous propose cet article trouvé grâce à Loïc B. C’est cru mais plutôt bien vu …

sexe mode d’emploi

En matière de CDI sexuel, lutter contre la routine et le temps qui passe semble être un enjeu primordial, d’après ce que je lis un peu partout. Attention, je ne parle pas forcément de monogamie forcenée, ou de couple « classique ». Non, là il est simplement question du sexe à long terme entre deux personnes, et peu importe l’étiquette du tandem.

Alors le sexe à long terme, c’est assez simple. On a beau emballer comme on veut pour faire joli, et même mettre des sentiments et de l’amour autour, le schéma est toujours le même, selon les Spécialistes-Experts-Sexo-Psy : d’abord le désir est plus fort que tout et on baise 4 fois par jour en cassant les meubles et en griffant la moquette, puis on se calme un peu mais en regardant l’autre dans le blanc de l’oeil on a toujours les genoux qui flageolent, et enfin, la Pââââssion cède le pas à l’Amoûûûûûr et le tandem sexuel devient un tandem amoureux, ce qui correspond en gros au moment où on s’adresse la parole pour choisir la couleur des rideaux (le fameux « projet de vie ») et non plus pour proposer une petite levrette (« les ébats passionnés des premiers temps de la relation »).

Et même quand il ne s’agit pas d’un couple « classique » avec « projet de vie » mais de deux amants qui s’habituent l’un à l’autre au fil du temps, et baisent donc de façon à peu près régulière sans pour autant discuter du choix de la machine à laver, ça ne change pas grand-chose. Il s’agit toujours de sexe à long terme, avec ce que ça suppose d’accoutumance au corps de l’autre.

Et c’est là que c’est supposé se gâter. On s’habitue. Et l’habitude entraîne la routine, qui elle-même entraîne le manque d’enthousiasme et la disparition des papillons dans le ventre. Une fois les papillons disparus, il nous est affirmé que baiser avec son partenaire est à peine plus excitant que de manger des frites molles, et qu’au bout de quelques années on ira au cul comme on va chez le dentiste : à reculons et en emmenant un livre pour patienter en attendant de souffrir.

La routine et l’habitude sont donc les Ennemis Officiels du Sexe à Long Terme. Et des amants. Et du couple. Ca nous est présenté comme une évidence : par conséquent, il faut lutter contre eux, les combattre coûte que coûte, terrifié(e)s que nous sommes devant les prédictions alarmistes qui nous décrivent la Routine et l’Habitude comme les facteurs de risque principaux pour ces drames qui nous guettent : infidélité, mensonge, lassitude, enfermement, frustration, tromperies, abandon, solitude, et cheveux fourchus. Ah, non, désolée, pas les cheveux fourchus.

Bref, c’est la merde absolue. Luttons ou mourons.

Je ne suis pas d’accord du tout. Parce que tout cela est formulé en terme d’inéluctable, de défi à relever, de batailles à mener ainsi que de croisades contre l’ennui et le désintérêt, qui apparaissent comme des fatalités nous menant, si l’on n’y prend garde, à une vie de lose sexuelle.

Mais à aucun moment on n’évoque le plaisir. Or, le plaisir, s’il ne représente pas (ou ne devrait pas représenter) un enjeu sous-tendu par l’ego, est tout de même une composante essentielle de la relation sexuelle.

Et le plaisir sexuel, ça s’apprend. Ca s’apprend tout seul, et avec ses partenaires. Et à chaque nouveau partenaire, on repart à zéro pour apprendre. Je distingue donc l’émoi sexuel in situ des manoeuvres d’approches préalables. C’est un peu comme faire la cuisine. Quand on prépare un plat, il y a tout ce qui vient en amont de la dégustation proprement dite mais qui est déjà un plaisir en soi : le choix des ingrédients, le tablier qu’on noue, les ustensiles qu’on dispose à portée de main, le bruit des choses qui grésillent, chauffent, mijotent, tous les sens (vue, ouïe, odorat, goût, toucher…) mobilisés par la réalisation de la recette, le dressage de la table, la contemplation de l’appétit et de la gourmandise des convives, les yeux qui se ferment aux premières bouchées, et enfin le plaisir qui explose. Eh bien pour le sexe, c’est pareil. Il y a l’émoi de tout ce qui précède et qui est déjà un plaisir, et le plaisir lui-même. Les deux sont délicieux.

Et il est vrai qu’au fil du temps, les émois préalables disparaissent parfois. Pas toujours, mais c’est courant. Si l’on vit avec son partenaire, on peut effectivement cesser de chanceler quand on entend le bruit des clés dans la serrure, et ne plus avoir le cœur battant. Et puis le quotidien, et puis le temps qui passe, bref. On s’excite moins, dans tous les sens du terme, et on repense aux papillons… Et c’est là que je cède au plaisir de cette vanne merdique et éculée : si tu veux avoir des papillons dans le ventre, t’as qu’à bouffer des chenilles (non, je n’ai pas honte).

Plus sérieusement, j’affirme que non seulement le plaisir peut rester intact, mais qu’il augmente avec le temps. Du moins dans une relation vraiment épanouissante…

La suite sur http://www.zonezerogene.com par Gaelle-Marie Zimmermann

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