Un Roi ca meurt et c’est tout

Share

Laissez moi, je vous prie, reprendre à nouveau mon masque de conservateur patenté. Vous pourrez au moins m’accorder une chose: il n’arrive pas si souvent que ma plume bascule de ce côté-là du spectre politique ou tout du moins idéologique.

Hosni Moubarak

Je suis venu vous parler de cette image qui fait le tour du monde; celle d’un chef d’Etat déchu de sa toute puissance, allongé sur une civière, derrière les barreaux montés à la hâte par ceux là mêmes qui le servaient si bien et si docilement … avant.

Avant que le peuple ne se révolte et sorte une élite égyptienne indolente de sa torpeur… une élite qui vivait autour d’un principe bien connu : la corruption tranquille… Une corruption dont la famille Moubarak ne fut qu’un acteur parmi de nombreux autres bien qu’elle en fut, j’en conviens aisément, l’acteur principal.

Quoiqu’il en soit je ne juge que positivement un mouvement populaire qui balaye le conservatisme ambiant, d’une oligarchie malfaisante et incestueuse; d’une classe politique qui depuis tant d’années sert, totalement asservie, un régime qu’elle s’empresse de lacher puis de condamner au premier coup de vent….

Mais une fois encore je ne peux être que choqué par les parodies effarantes de justice … cette justice du vainqueur qu’à l’occasion du procès de Nuremberg nous avons emprunté au mode de fonctionnement soviétique. Car n’en doutez pas l’inventeur de cette méthode de gouvernement n’est autre que joseph Djougachvili alias Staline. C’est lui le premier qui traina devant des juges à sa solde ses opposants politiques afin que sa victoire jusqu’ici politique, militaire ou criminelle soit légitimée par la justice… Mais quelle justice?

Des procès de Moscou à celui de Nuremberg pour en finir avec les exécutions pathétiques de Nicolaï Ceaucescu, de sa femme, puis de Saddam Hussein… notre société médiatique se repait de ces moments d’humiliation, de ces jeux modernes où la justice se mue en outil politique ou en simple vengeance… de ces parodies de société moderne…

Louis XIV aurait dit « un Roi n’est pas malade, un Roi ca meurt et c’est tout ». Ainsi devrait-il en être de nos dictateurs contemporains… qu’ils meurent dans leur fuite, qu’ils survivent en exilés… qu’importe, la lutte révolutionnaire ne connait qu’un tribunal, celui de l’Histoire.

Alors certaines âmes sensibles aux principes d’ordre mondial, de valeurs universelles ou du principe de l’exemple; peuvent espérer que cette pratique puisse retenir la main des dictateurs assasins par exemple en Lybie et en Syrie… qu’elle fasse peur à ceux qui gouvernent par la terreur …

C‘est ainsi le sens de la conclusion de l’article de Valentine Pasquesoone publié sur Rue 89 et intitulé “Moubarak en procès au Caire : comment juger les dictateurs ?” La journaliste estime qu’il “reste que l’image de Hosni Moubarak sur une civière, dans le box grillagé des accusés au Caire, devrait faire réfléchir ceux qui, de Damas à Tripoli et ailleurs, ont toutes les raisons de redouter de subir un jour le même sort.”

J’ai la conviction inverse. Bacchar el Assad et Khadafi savent désormais qu’ils n’ont plus rien à perdre. Ils ne pourront fuir leur pays et la seule chance qu’ils ont d’éviter l’humiliation, la perte du pouvoir et le lynchage juridico-médiatique est de redoubler de violence et d’écraser dans le sang les espérances démocratiques de leurs peuples… Il n’y a désormais plus de retour en arrière.

IGTBB

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *