Chirac : l’anosognosie de la justice

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Jacques Chirac

Il s’agit probablement de la plus vieille série politique française, les feux de l’amour de la république : Jacques Chirac et les juges ou le remake national de catch me if you can avec dans le rôle titre l’un des hommes les plus « capés » de l’histoire de la Vème République. La carrière de Jacques Chirac est sans égale : Secrétaire d’Etat à l’emploi de 1967 à 1968, secrétaire d’Etat à l’économie de 1968 à 1971, ministre délégué aux relations avec le Parlement de 1971 à 1972, ministre de l’agriculture de 1972 à 1974, ministre de l’intérieur en 1974, Premier ministre de 1974 à 1976 puis de 1986 à 1988, Président de la République de 1995 à 2002 mais aussi Conseiller municipal de Sainte-Féréole (Corrèze)  de 1965 à 1977, député de la Corrèze de 1965 à 1995, président du conseil général de la Corrèze de 1970 à 1979 et maire de Paris de 1977 à 1995.

Dans l’imaginaire politique cet homme a une carrière sans égale. Il a réussi à changer mille fois son image pour finir depuis son retrait de la vie politique en gentil grand père adoré des français et pourtant la route fut longue, la détestation profonde, l’opposition farouche.

Depuis 1995 et les enquêtes lancées par la justice sur le financement du RPR via la mairie de Paris, enquêtes orchestrées alors par Nicolas Sarkozy, c’est la première fois que les juges voient dans leur viseur la proie tant désirée, le symbole des années durant lesquelles les partis politiques se finançaient par la corruption et les détournements de fonds publics, un ancien Président de la République. La prise est belle mais elle est fuyante. Le lapin a vieilli, à tel point qu’il n’entend plus rien et surtout que la mémoire s’en est allée. Jacques Chirac, bientôt 79 ans, souffre d’anosognosie.

L’anosognosie, un des symptômes de ce que le grand public connaît sous l’appellation de maladie d’Alzheimer, est l’incapacité pour un patient de reconnaître la maladie ou la perte de capacité fonctionnelle dont il est atteint. En clair, Jacques Chirac n’aurait pas conscience lui-même de ses problèmes neurologiques, ces malades “oubliant qu’ils oublient“…

Et voilà que le prétoire s’éloignent, que les esprits chagrins chagrinent avec les associations fondées par Arnaud Montebourg il y a 20 ans afin d’avoir la peau de Chirac… ce Chirac qui ne sait plus…

Oui j’avoue je suis de ceux qui aimeraient qu’on foute la paix à Chirac, qu’on laisse l’histoire à l’histoire et les scandales à leurs temps… et la Justice alors ? la justice ne peut elle se satisfaire du remboursements des sommes concernées à la Mairie de Paris par l’UMP ? la justice n’a-t-elle pas d’autres procès à tenir, d’autres renards moins symboliques mais plus dangereux pour la société à fustiger et à condamner ?

 

IGTBB

 

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