Des îles artificielles pour contrer la montée des eaux

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les îles Tuvalu (Torsten BLACKWOOD/AFP)

Face à la montée des eaux qui menace leur survie, les petits Etats insulaires du Pacifique envisagent très sérieusement… de migrer vers des îles artificielles. Jeudi dernier, les seize pays du Forum des îles du Pacifique ont ainsi désigné le changement climatique comme la plus grande menace qui pèse sur leur région et demandé l’étude des possibilités de déménagement des populations.

Aux îles Kiribati, où les conséquences de la montée des eaux se sont déjà faites sentir avec acuité, le président Anote Tong a annoncé que son pays étudiait comment déplacer ses 100 000 habitants sur des îles flottantes construites sur le modèle de plateformes pétrolières géantes. Cette idée radicale “sonne comme de la science-fiction”, concède-t-il, “mais nous envisageons tout parce que nous sommes à court d’options”“Il ne s’agit plus de s’adapter à un environnement changeant mais de survivre. Si vous étiez confrontés, avec votre famille, à la possibilité de voir votre maison submergée, sauteriez-vous sur une île artificielle ? Je pense que la réponse est oui.”

Selon Anote Tong, de telles îles flottantes coûteraient quelque 2 milliards de dollars (1,42 milliard d’euros). Un prix élevé, qu’il convient toutefois de mettre en rapport avec le milliard de dollars nécessaire, selon lui, à la construction et la consolidation de digues le long des côtes de chaque atoll afin de protéger les infrastructures.

Car dans cet Etat, composé de 33 atolls perdus dans 5 millions de km2 d’océan, les villages situés en bord de mer ont déjà dû être déplacés pour échapper aux vagues les envahissant, les plus hautes terres ne sont plus qu’à deux mètres au-dessus du niveau des mers, l’eau salée a contaminé l’approvisionnement en eau potable et détruit des cultures et l’érosion, causée en partie par les tempêtes et les inondations, s’aggrave chaque jour davantage.

Kiribati n’est pas la seule menacée. Faute de fonds suffisants, Tuvalu, Tonga, les Maldives, les îles Cook, Marshall ou encore Salomon sont toutes en train de perdre la bataille contre l’élévation du niveau des mers, qui pourrait être comprise entre 18 et 42 cm d’ici 2100, d’après le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de 2007.

Selon le Guardian, il est techniquement possible pour Kiribati de rester là où elle se trouve alors que la mer monte. Et le quotidien de citer toutes les îles artificielles qui ont émergé de l’imagination féconde d’architectes de toutes les époques.

Ainsi, le peuple Uros du Pérou vivait-il sur une quarantaine de villages flottants faits d’herbes au milieu du lac Titicaca. De même, la ville aztèque de Tenochtitlan se trouvait sur une petite île naturelle du lac Texcoco qui a été entouré par des centaines d’îles artificielles. Ou encore Neft Daslari, ville construite par Staline au milieu de la mer Caspienne, qui a accueilli plus de 5 000 travailleurs du pétrole à son apogée, et est encore opérationnelle aujourd’hui.

Plus récemment, la Hollande, le Japon, Dubaï et Hong Kong ont aussi érigé des îles artificielles pour accueillir des aéroports, des logements ou des bureaux. Le Mexique a aussi son île artificielle, Spiral island, construite sur 250 000 bouteilles de plastiques. Avec les tonnes de déchets flottant dans le Pacifique, les Kiribati pourraient résoudre deux problèmes en un, fait remarquer le Guardian.

Totalement utopique, mais peut-être à l’origine des propos du président de Kiribati, le Lilypad est concept de ville flottante élaboré par l’architecte belge Vincent Callebaut, qui serait non seulement capable de produire sa propre énergie grâce à l’énergie solaire, éolienne, marémotrice et la biomasse, mais qui absorberait aussi le CO2excédent de l’atmosphère dans sa peau de dioxyde de titane. A Bangkok, des architectes envisagent aussi d’élaborer une “wetropolis” flottante qui pourrait remplacer la mégalopole, construite sur des marais et menacée par la montée des eaux.

Au final, qu’ils soient réalistes – et réalisés – ou utopiques, aucun de ces projets ne pourra voir le jour dans le Pacifique à moins de débloquer plusieurs milliards de dollars, ce qui paraît malaisé pour des nations pauvres comme les Etats insulaires de la région. Le plus probable résidera sans doute dans l’octroi, par des Etats voisins plus importants, comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, de terres aux populations des îles, entraînant d’importantes migrations au cours des prochaines décennies.

Audrey Garric dans le blog Eco(lo)

1 thought on “Des îles artificielles pour contrer la montée des eaux

  1. face a la force et déchainement des éléments climatique qui menacent notre environnement et la vie il y a des solutions aux différents problèmes sur la montée des eaux , la sécheresse et les inondations.

    il existe des constructions d'iles artificielles flottantes pour habitation, agriculture, élevage, ferme génératrice d’énergies renouvelables, le tout équipé de dessalinisation d'eau de mer pour une vie en totale autarcie.

    Ces constructions modulable à la flottabilité pouvant aller jusqu’à 1400 kgs le m2 offrent une réelle solution: quelques exemples sur http://water-world.fr

    malheureusement se sont les populations les plus démunies (pecheurs, paysans) qui sont les premières touchées par ces phénomènes climatiques extrêmes

    il est certain que regarder un film sur les catastrophes climatiques bien allonge au chaud dans son lit ne peut pas laisser indifférent quand on sait que souvent la réalité dépasse la fiction Alors trouvons et mettons en place des solutions

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