Et si Obama perdait ?

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Barack Obama

Il ne vous aura pas échappé que l’élection présidentielle américaine se déroulera, comme en France, en 2012 et plus précisément en novembre. Nous connaissons au moins l’un des deux candidats puisque Barack Obama a d’ores et déjà annoncé sa candidature pour un second mandat ; la primaire du parti démocrate est donc jouée d’avance car jamais un président sortant n’a perdu la primaire de son propre parti. C’est donc là que les choses se compliquent pour le président adulé par … les européens.

Dès 2008, sur un autre site, je m’interrogeais sur les conséquences de l’élection « émotionnelle » du premier président noir aux Etats-Unis. « Emotionnelle » car la victoire de 2008 s’est construite sur trois fondements : le rejet de George Bush et des républicains, le symbole du premier président noir et surtout le rêve d’une nouvelle société où l’Amérique renouerait avec la paix, la justice (judiciaire et sociale), l’égalité des chances et le progrès économique. Une Amérique rêvée qui se résume dans les deux slogans de la campagne d’Obama « Hope » et « Yes we can »… deux slogans sur lesquels, en 2012, le peuple américain réclamera des comptes et la note risque évidemment d’être salée.

Le réveil est difficile parce que dès son élection le président américain a vu l’économie de son pays s’effondrer comme un château de carte, le budget fédéral exploser en plein vol jusqu’au calamiteux débat budgétaire de l’été 2011 que les démocrates perdent au profit des républicains et qui mène à la dégradation de la note des Etats-Unis … exit le AAA.

Un réveil difficile parce que cette crise économique a des effets dévastateurs sur le marché de l’emploi américain. Le chômage a atteint un record historique avec près de 10 % des personnes actives qui se retrouvent sans emploi.

Un taux de chômage record, un taux d’endettement des ménages et de l’Etat sans équivalent dans l’histoire, une crise du logement et pour couronner le tout une majorité républicaine à la chambre des représentants qui empêche toute politique sociale de se mettre en place… l’Amérique a certes changé mais en pire.

Alors certes les républicains ne sont pas populaires, oui Obama garde une certaine avance dans les sondages ; sa politique étrangère a connu de véritables succès et bien sur il n’est pas responsable de la crise économique et donc sociale traversée par son pays… Mais les candidats républicains fourbissent leurs armes !

En 2008 mon cœur et ma raison me portaient vers la candidate Hillary Clinton. Clinton parce que le symbole d’une femme présidente des Etats-Unis me paraissait au moins autant important… Clinton parce que son discours était celui d’une chef d’Etat rigoureuse qui ne promettait pas l’impossible, qui ne créait pas d’emballement magique de la population autour d’un espoir qui quoi qu’on fasse ne pourrait qu’être déçu.

C’est cette déception qui risque de battre Obama et cette défaite ne se fera pas au profit d’un républicain modéré comme Mc Cain, ni même d’un homme sous influence tel George Bush mais au profit d’un candidat réactionnaire issu de la branche dure du parti républicain.

L’effet de balancier politique que les défenseurs de Clinton dénonçaient en 2008 est en passe de se réaliser.

Du côté républicain 3 candidats se détachent : Michèle Bachmann, Rick Perry et Mitt Romney. Les trois présentent d’importantes variables en termes de compétences, d’expérience et de positionnement sur les questions de politique étrangère. Pour autant ils partagent tous les trois les mêmes valeurs rétrogrades en termes d’éducation, d’égalité des droits, de protection sociale, de la place de l’Etat dans la société. Les trois sont parfaitement libéraux dans la droite ligne de la tradition politique de Ronald Reagan … Quel incroyable retour en arrière pour le peuple américain s’il devait choisir de leur rendre les clés de la Maison Blanche …

Incroyable retour en arrière ?

Pas si incroyable que cela je vous rappelle que le très populaire George Bush père auréolé de la victoire en Irak ea perdu les élections face à un inconnu, Bill Clinton, justement à cause des mauvais chiffres de l’économie américaine … et quant à élire un rétrograde, nous ne devrions pas être en mesure de donner des leçons au peuple américain si vous suivez mon regard (vers le bas) ! Enfin George Bush fils, lui, reste le président le mieux réélu de l’histoire des Etats-Unis ! Ca laisse songeur …

 

IGTBB

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