La réforme des banques est possible

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John Vickers

Le monde.fr nous apprend qu’un document de 365 pages produit par la commission indépendante dirigée par l’économiste John Vickers qui appelle à déclencher une petite révolution au pays de la City. Commandé par le gouvernement britannique de centre droit, il recommande un changement radical du fonctionnement des banques.

La principale mesure proposée est une séparation claire entre les activités traditionnelles de la banque de détail et les opérations d’investissement pour que les risques encourus avec ces dernières n’impactent pas les dépôts des particuliers. Chacune des entités se verrait dotée d’un conseil d’administration distinct.

C’est assurément une proposition révolutionnaire pour le pays du libéralisme triomphant car ne nous y trompons pas, une grande partie des difficultés que nous rencontrons actuellement est le fait de cette fusion entre deux métiers à l’origine distincts : la banque de détail, celle des « gens » et de l’économie réelle et la banque dite d’investissement, celle de la finance qui, dans les faits, est la banque de l’économie irréelle.

Cette mesure a pour objectif avoué de limiter les risques d’un nouveau plan de sauvetage du système bancaire aux frais du contribuable. Mais allons plus loin que nos amis britanniques, séparons ces deux métiers, interdisons la réutilisation de l’argent des particuliers dans les édifices financiers fragiles et en cas de nouveaux risques de faillite, nationalisons les banques de détail et laissons la « main invisible » qui fut des décennies au cœur des imprécations libérales réglée le sort de la finance internationale.

« La seconde mesure phare de ce rapport est une hausse significative du taux de fonds propres exigé des banques. La commission fixe le taux minimum de fonds propres à
10 % de ses actifs, soit près de deux fois plus que le taux d’avant la crise de 2008. C’est également davantage que les 7 % prévus dans le projet de réforme bancaire mondial “Bâle III”, également soutenu par cette commission. Cette réforme qui fait grincer des dents à la City vise à mettre en avant la responsabilité des banques. Ces dernières seraient ainsi plus à même d’assumer les risques, évitant le recours à l’Etat en cas de problème. »

On revient au principe précédent, que ceux qui jouent avec l’argent, jouent avec le leur et non avec le notre ! on comprend bien l’intérêt qu’il y a à cette réforme, il s’agit ni plus ni moins que de forcer les banques a ancrer leur activité dans le socle de l’économie réelle et à agir en fonction de leurs fonds une fois encore « réels » et non potentiels.

« Le gouvernement du Royaume-Uni, par l’intermédiaire du ministre des finances George Osborne, a déclaré soutenir cette réforme, dont l’application “prendra du temps”. Il s’est engagé à l’inscrire dans la loi d’ici 2015 et à la mettre en œuvre d’ici 2019, en même temps que la mise en application de “Bâle III”, dont le comité est chargé de définir les normes de solvabilité des banques internationales. »

On attend avec impatience que les hommes politiques français sortent la tête de leurs petites histoires pathétiques (financement occulte, Clearstream, procès Chirac, guerre Copé Fillon, financement des élections sénatoriales, primaires socialistes, DSK et la femme de chambre, DSK et la pseudo écrivaine, la mafia marseillaise…) et s’attaque enfin aux vraies réformes… Quand l’Angleterre réactualise l’économie réelle nous en sommes encore à chercher une politique réelle.

 

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