la solidarité pour ceux qui en ont besoin

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Charles Beigbeder

C’est Régis Sada qui me l’apprend dans son blog « Charles Beigbeder lance l’idée de l’instauration d’une franchise des remboursements de la Sécurité Sociale proportionnelle aux revenus. » En d’autres mots, le « frère de » propose que les plus riches se fassent moins rembourser que les autres pour leurs dépenses maladies. Les chiffres avancés sont les suivants : une personne aisée (notion à définir) se verrait appliquer une franchise équivalente à 2% de ses revenus sur ses remboursements. Ainsi, reprenant le calcul de mon brillant comparse putéolien, un ménage déclarant 100 000 € de revenu annuel ne pourrait se faire rembourser les 2000 premiers euros de dépenses médicales et les remboursements commenceraient à partie du 2001ème euro dépensé.

Sur cette base plusieurs critiques sont faites à l’encontre du projet, prenons dans l’ordre :

– la proposition est trop imprécise car elle ne définit pas le type de population concernée. Je partage cette critique mais rien n’empêche un candidat à l’élection présidentielle de la reprendre à son compte et de la préciser. Ainsi pourrait-on envisager que cette franchise s’appliquerait aux ménages les plus aisés au sens de l’impôt sur le revenu, soit ceux qui sont soumis au taux de la dernière tranche et qui gagne plus de 71 000 €.

-La proposition de Charles Beigbeder serait populiste, dangereuse et inégalitaire… populiste car elle est censée donner satisfaction à une attente populaire ; dangereuse et inégalitaire car « elle remet en cause le principe de solidarité qui veut qu’assistance –au sens général du terme- soit portée sans considération sociale». Diantre ! Rien que ça !

J’écarte d’emblée la condamnation au titre du populisme ou de la démagogie car finalement si l’on écarte toutes les propositions qui sont conformes aux attentes populaires par peur de « populisme » autant écarter tout de suite la notion même de « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». L’exception dans la démocratie n’est pas la réforme à la fois bonne et populaire ; c’est celle qui est bonne et impopulaire dont le modèle est l’abolition de la peine de mort. On peut avoir parfois raison contre le peuple, on ne doit pas, pour autant, en faire une règle sacrée.

Pour ce qui est de la dangerosité et de l’inégalitarisme, ayons, ne serait ce qu’un instant, les pieds sur terre et confrontons nos glorieux principes intangibles aux réalités économiques et sociales du pays. Tous les efforts consentis par l’Etat pour faire comprendre aux français les dangers du tout médicaments se sont soldés par de lamentables échecs. Depuis 20 ans les remboursements de la sécurité sociale diminuent à égalité pour tous les français sans distinction de revenu. Les cotisations aux mutuelles augmentent constamment et là le revenue joue puisque de nombreux français parmi les moins aisés sont démunis face à la maladie, incapable d’offrir des lunettes ou des dents saines  à leurs enfants comme à eux-mêmes parce qu’ils ne peuvent simplement pas s’offrir une mutuelle digne de ce nom. La privatisation de la protection sociale est déjà établie dans les faits. La distinction de nos compatriotes par leurs revenus est DEJA une réalité sauf qu’elle se fait au détriment des plus faibles. Je ne suis pas un Beigbeder compatible néanmoins comme le disait l’un de mes professeurs … même une horloge arrêtée donne l’heure exacte deux fois par jour …

La proposition de Beigbeder vient apporter une première correction à ce drame quotidien. En l’occurrence l’arbre ne cache plus la foret, elle a été rasée depuis bien longtemps…

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