Nicolas Bazire, l’ami qui fait trébucher Sarkozy

Share

Un excellent article de publié sur l’Express.fr

Nicolas Bazire, Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur 1995

L’ex-directeur de cabinet d’Edouard Balladur vient d’être mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi. C’est un très proche de Nicolas Sarkozy. Portrait.

Le destin de Nicolas Bazire est inséparable de celui de la “Balladurie”. Quand Edouard Balladur est nommé à Matignon en 1993, il choisit contre toute attente pour diriger son cabinet un jeune énarque, également diplômé de l’Ecole navale et de Sciences-Po, qui ne connaît rien à la politique. Dans cet article, L’Expansion raconte l’entretien d’embauche un brin surréaliste du jeune homme, qui n’a alors que 35 ans. “Que savez-vous faire ?”, lui demande Balladur. “Rien”, répond Bazire… Il faut croire qu’il apprend vite.

Pendant ses deux années à Matignon, il gère notamment une crise monétaire, à l’été 1993, et la libération des otages du Paris-Alger, à Noël 1994. C’est lui aussi qui est chargé de coordonner la campagne électorale d’Edouard Balladur, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être éclaboussé par le volet financier de l’affaire Karachi, dans laquelle il est vient d’être mis en examen pour complicité d’abus de biens sociaux. Il est soupçonné d’avoir réceptionné des valises de billets ramenées de Suisse par l’intermédiaire Ziad Takieddine et un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, pour financer l’aventure présidentielle d’Edouard Balladur. Une aventure politique dans laquelle Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget et porte-parole du candidat, était fortement impliqué lui aussi.

Comme le rappelle par ailleurs Rue89, en mars 1995, alors que Nicolas Bazire a quitté Matignon pour se consacrer à plein temps à la campagne, le Canard enchaîné révèle que Bazire a rencontré le dictateur zaïrois Mobutu. Ce qui alimente les soupçons sur cet argent venu de la Françafrique pour soutenir financièrement le combat électoral.

Alors que l’étau se resserre aujourd’hui autour du chef de l’Etat, Nicolas Bazire dira-t-il tout ce qu’il sait aux enquêteurs? L’homme, très aristo-chic, n’a pas le profil d’une balance. Il est plutôt de ceux qui restent dévoué à ses amis. Jusqu’au bout. Or Nicolas Sarkozy est lui sont très proches. “Il est fidèle, confiait son ami Brice Hortefeux à L’Expansion en 2008. Il n’a pas du tout le tempérament de l’adjoint qui rêve de remplacer son patron.”

Témoin de mariage de Nicolas Sarkozy en 2008, président de la Fondapol, un think tank qui alimente la droite en idées nouvelles, il est très écouté à l’Elysée où il a notamment soutenu la nomination de François Baroin à l’Economie, avant l’été. C’est pour ses compétences autant que pour sa proximité avec Nicolas Sarkozy qu’il s’était fait embaucher par Bernard Arnault comme numéro deux de LVMH, en 1999, après quelques années à la banque Rothschild. Egalement administrateur de plusieurs groupes, comme Atos, Suez, Carrefour et Les Echos, Nicolas Bazire est “l’un des rares proches de Sarkozy à pouvoir lui dire les choses franchement”, assurait un proche du chef de l’Etat à Libération. Son nom avait même été cité pour prendre le secrétariat général de l’Elysée lorsque Claude Guéant est devenu ministre de l’Intérieur. Nicolas Bazire n’est finalement pas revenu aux affaires publiques. Ce sont les affaires publiques qui sont revenues à lui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *