Une histoire de porte pour sauver la Grèce et l’Europe

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Signature par les dirigeants français du traité de Maastricht via ceuropeens.org
Signature par les dirigeants français du traité de Maastricht via ceuropeens.org

Quel est le point commun entre d’une part Louis Napoléon Bonaparte et la IIème République et d’autre part l’Euro et la Grèce ? L’absence de porte de sortie! En effet, n’importe quel étudiant d’histoire ou de droit est capable de vous dire qu’un système institutionnel ne doit jamais être totalement clôt ; il doit prévoir, anticiper la crise et la solution qu’il faudra lui apporter, quitte à prévoir et organiser l’hypothétique autodestruction. Le Coup d’Etat du 2 décembre était inscrit dans les gènes de cette IIème République pour laquelle les constituants avaient cru malin d’interdire au Président de la République de faire plus d’un seul mandat… De même aujourd’hui la chute de l’économie grecque nous condamne tous parce que les signataires de Maastricht ont voulu que l’abandon de la monnaie nationale soit irréversible.

C’est là le grand pécher des fondateurs de l’Euro, de celles et ceux qui en ce beau 7 février 1992 ont signé le traité de Maastricht dans une atmosphère de libéralisme triomphant et de dogme irrémédiablement ancré dans le socle de l’histoire … ce Reich là devait durer 1000 ans. 20 ans après Maastricht et seulement 10 ans après l’apparition de notre monnaie unique la fissure est béante et la Grèce à l’agonie entraîne dans son sillage les autres économies européennes, faute de porte de sortie…

Si mes souvenirs sont bons la France va prêter à la Grèce 16 milliards d’euros en sachant parfaitement que pas un seul de ces euros ne sera rembourser … 16 milliards c’est un milliard de plus que le plan de rigueur lancé par le Gouvernement et qui vise à faire des économies sur notre budget … ainsi sans l’aide à la Grèce c’est 31 milliards que la France pourrait économiser sur 3 ans …

Est-ce à dire qu’il ne faut pas aider nos amis grecs ?

Loin de moi cette idée saugrenue. Il n’y a finalement que les extrêmes pour valoriser l’idée que moins d’Europe c’est plus de réussite économique et plus de sécurité sociale et budgétaire. La vérité est, me semble t’il, à l’opposé… Il faut plus d’Europe afin d’aider ceux qu’on peut sauver. Il faut plus d’Europe pour que la zone Euro bénéficie de taux d’intérêts communs au travers de bons européens (je ne parle pas de taux uniques mais communs…) mais surtout une Europe qui assume ses différences et qui travaille à les réduire plutôt qu’à simplement les nier… Une Europe « à géométrie variable » telle que l’appelait Laurent Fabius… Une Europe où la Grèce pourrait sortir de l’Euro pour laquelle elle n’était pas encore prête… Cette porte de sortie il va falloir la percer sans faire s’effondrer l’ensemble de l’édifice. Je n’ose espérer que les chefs d’Etat y travaillent déjà, dans le plus grand silence mais avec la certitude de servir enfin les intérêts, sur le long terme, du plus grand nombre.

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