Du stade au papier glacé, les dieux du rugby font pleurer Lièvremont

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Cette fois c’est sur le rêve de Serge Blanco est réalisé, le rugby français est devenu professionnel. Non je vous assure je ne me moque pas, je n’attends pas que notre équipe nationale ovale se prenne des raclées en coupe du monde pour reconnaitre sa professionnalisation. Je découvre simplement les yeux un peu hagards que les traditions rugbystiques se perdent, que ce qui enchantait le sud-ouest, mes grand-parents et leurs amis n’est plus. Ce n’est pas simplement le rugby français qui s’est écroulé à Wellington ; c’est l’esprit même de ce sport qui s’est évanoui au grand damne du sélectionneur national qui constate effaré et impuissant que ce sport ne ressemble plus en rien à ce qui le faisait vibrer quand il était joueur.

Le rugby c’est quoi? Un sport de combat, de virilité, de convivialité. Un rassemblement de camarades qui, passé le temps de la guerre des boutons, poursuit le combat en gentlemen guerriers sur le terrain et en jeunes gaillards après le match.

Ce matin le journal 20 minute rapportait que, selon ses acteurs, l’exploit des bleus face aux Blacks en demi-finale de la coupe du monde de 1999 prend corps dans les vapeurs alcoolisés d’une interminable troisième mi-temps  après la victoire en quart de finale contre l’Argentine. De cette soirée,  Marc Lièvremont garde le souvenir d’une gueule de bois salvatrice. Une guele de bois dans la plus grande tradition du rugby.

Il connait bien la manière de soigner les bleus à l’âme de joueurs de rugby Marc Liévremont alors, la défaite face aux Tonga à peine consommée,  le troisième-ligne devenu sélectionneur  décide de noyer le chagrin de ses joueurs dans le houblon, cette boisson à laquelle on accorde la propriété de fédérer les groupes et d’expulser les non-dits. «A la fin du match, j’ai sorti trois packs de bière, j’ai dit aux joueurs qu’on se lâchait et qu’on était qualifié».

via Blogs.ionis-group.com

Dimanche matin, un Marc Lièvremont mal rasé et désabusé avoue qu’il a bu seul. Comme sur la pelouse, son équipe s’est dérobée. «J’aurais voulu qu’on se retrouve autour d’un verre, qu’on parle, qu’on échange, qu’on boive et qu’on se dise que l’aventure est belle. Même là, j’ai été déçu, le groupe s’est éparpillé», regrette un sélectionneur réduit à trinquer à la défaite avec les officiers de liaison néo-zélandais de l’IRB. Pendant ce temps, les Bleus vaquent à leur occupation et préfèrent  la compagnie de leur famille ou agent à celle de leurs partenaires.

Il faut le dire cette équipe, ces joueurs, n’ont plus rien à voir avec le rugby tel qu’on l’a rêvé, tel qu’on l’a vu et tels que certains l’ont pratiqué. Les joueurs sont devenus professionnels, ils ont un plan de carrière, des agents et des salaires mirobolants. Oui ils aiment jouer au rugby, mais le plaisir de manier le ballon est un peu identique au plaisir ressenti par un trader à faire valser les chiffres. L’objectif n’est plus le ballon, l’équipe, les copains, le maillot, la fête…

Prenez le calendrier des Dieux du Stade, idée potache qui pousse des joueurs à se mettre à poil devant une caméra comme ils le font dans un bistrot de la place de la Victoire à Bordeaux. Idée potache où désormais les joueurs ressemblent davantage à des gogo danseurs du marais, rasés et retouchés et où les relations se règlent à coup de communiqués de presse et d’avocats.

Dimitri Yachvili

Certains joueurs de l’équipe de France esquissent  un sourire légèrement dédaigneux quand on avance l’idée de retourner tous les bars de Wellington pour se remettre la tête à l’endroit et redonner un semblant d’âme à cette équipe. «C’est typiquement français ce que vous dites là», coupe le pathétique Dimitri Yachvili. Oui Yachvili (!) Mr Flop de France Tonga avec ses passes mal assurées, son jeu au pied mal inspiré, le symbole de la stérilité française de la première mi-temps, qui réussi à se fait pénaliser pour ballon non libéré, comme un cadet!  Alors voilà Monsieur Yachvili, « perdre contre l’Angleterre en Coupe du monde est aussi typiquement français » et aujourd’hui c’est ce qu’on souhaite à la bande de morveux qui se fait appeler « équipe de France ».

Bon puisque ce n’est plus que ça voici l’équipe de France de Rugby…

Les dieux du stade via blogparfait

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