Habemus papam l’arnaque signée Moretti

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Michel Piccoli - Habemus papam
Michel Piccoli – Habemus papam

J’ai beau fouiller dans mon esprit retord je ne trouve pas d’excuse au film Habemus papam ! Dans le Monde on peut lire « Habemus Papam est l’un des plus beaux films de Nanni Moretti, un spectacle d’une invention constante » ce qui confirme que je ne suis que très rarement d’accord avec ce qu’écrivent les critiques !

Si l’on peut trouver quelque intérêt à la première partie du film qui narre de manière originale une élection pontificale, on se perd et s’ennuie ferme dans la seconde partie, projection nombriliste des peurs d’un vieillard qui veut retrouver son identité et ses rêves de jeunesses irréalisés ; prémonition de Nanni Moretti sur lui-même ?

Résumons en reprenant le travail excellent de Kinopoivre :

« Donc, au Vatican, le conclave élit un pape qui n’était pas candidat et n’a même recueilli aucune voix au premier tour du scrutin. Chose évidemment impossible, sachant que toute élection est précédée d’une campagne électorale acharnée de la part des papabile, dans laquelle abondent les tractations, compromis, coups fourrés et promesses qu’on tiendra une fois sur dix ! Au passage, une scène ridicule où l’on montre chaque cardinal priant Dieu de ne pas être choisi, ben voyons… Puis l’élu, qui a accepté son élection, refuse de se montrer et donc de rendre la chose officielle : on ne peut même pas dire quel est son nom. Est alors convoqué un psy, qui doit sonder l’esprit de son « client »… en présence de tous les cardinaux, autre impossibilité ; consultation qui est suivie de la séquestration dudit psy, pour éviter les fuites (quelles fuites ? Il ignore l’identité de son patient d’une heure). Après cela, en emmène le pape chez une autre psychanalyste, l’épouse séparée du premier, en ville, mais il s’échappe. Peu après, il prend une chambre dans un hôtel et se mêle à une troupe d’acteurs qui répétait « La mouette »… dans le couloir de l’hôtel. Mais le chef de la troupe est emmené dans une ambulance (évocation de « Sunset boulevard », pour se concilier les cinéphiles), et le pape dissident assiste à la répétion suivante dans un théâtre (comment a-t-il été admis ?). Pendant ce temps, au Vatican, le psy s’efforce de distraire les cardinaux, qui n’ont pas le droit de quitter les lieux puisque le conclave n’est théoriquement pas terminé avant la proclamation du résultat, en organisant un tournoi de volley-ball dans la cour située sous la fenêtre des appartements du pape, où le défaillant a été remplacé par un figurant chargé de secouer les rideaux pour faire croire à sa présence ! Puis, le pape assistant à la représentation de la pièce (les répétitions sont déjà terminées, au bout de deux jours ?), tous les cardinaux envahissent le théâtre et l’applaudissent, imités alors par le public, qui pourtant ne l’a jamais vu. L’épilogue est édifiant : on a convaincu le pape de venir se montrer au balcon de la basilique Saint-Pierre, il le fait mais annonce sa démission et disparaît. »

Oui vraiment pour une soirée à perdre sur France 3 nous pourrions nous laisser faire, nous pourrions accepter de nous endormir paresseusement sur un canapé douillet avec pour accompagnement le ronronnement agréable de l’excellent Michel Piccoli qui sait mieux que quiconque prendre l’air hagard du mec qui se demande bien pourquoi il en est arrivé là !

La déception est grande car les critiques furent excellente pour ce qui s’avère n’être finalement qu’une arnaque cinématographique de plus. Une arnaque car le sujet retenu, les moyens mis en place auraient pu faire un film simplement énorme ! On s’en agace d’autant plus que le cinéaste préfère abandonner le premier degré de son art au profit d’une lecture psychologique des personnages, lecture finalement simpliste et remâchée…

Si vous avez 10€ à perdre … perdez les ailleurs…

1 thought on “Habemus papam l’arnaque signée Moretti

  1. Si la première partie du film est prometteuse (c'est à dire jusqu'à l'élection du Pape), l'enchainement proposé par Nanni Moretti relève de l'imposture !

    La deuxième partie est parfaitement incohérente et ennuyeuse. Pour les amateurs d'intrigues vaticanes et de romans historiques, utilisez vos 10 € dans un bon bouquin !

    Si vous vous endormez, au moins vous saurez pourquoi :)Un film à fuir absolument !

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