Hitler : ce salopard !

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Adolf Hitler

C’est la lecture d’un article d’Alice Coffin dans 20 minutes qui a attiré mon regard ce matin sur le dictateur le plus symbolique de « l’atrocité humaine », Adolf Hitler, et sur la manière de traiter de son ascension politique. Peut-on parler d’Hitler avec l’objectivité de l’historien ou doit-on le traiter avec la subjectivité du démocrate ?

Ce mardi 25 octobre, France 2 propose à ses téléspectateurs un documentaire « incantatoire » sur l’arrivée au pouvoir du Führer. Un documentaire qui vise, je cite, à « inspirer à la jeune génération la terreur d’Hitler ». C’est en tout cas ainsi qu’Isabelle Clarke et Daniel Costelle présentent  la suite d’«Apocalypse», série documentaire qui avait mis en 2009 la Seconde Guerre mondiale en couleurs pour plus de 100 millions de téléspectateurs dans 167 pays.

Daniel Costelle répond aux critiques qui fusent dans les milieux d’historiens en déclarant «Certains intégristes du documentaire nous reprochent de ne pas rester au noir et blanc» mais ce qu’il ne comprend pas vraiment c’est que la première des critique porte sur le ton et les mots choisis dans les commentaires. Mathieu Kassovitz, voix off d’“Apocalypse” et Fabrice Puchault de France 2 posent eux les bonnes questions : «C’est vrai que Daniel veut qu’à la lecture du commentaire, on sente son aversion du nazisme, explique Mathieu Kassovitz, Mais est-ce vraiment un problème de dire d’Adolf Hitler: “C’est un salopard”? Surtout qu’il convient de guider un peu les jeunes téléspectateurs que nous visons. Si un enfant voit ces images de défilés, des drapeaux, tout ce graphisme hitlérien, cela peut l’attirer, cela a été conçu pour!»  «On montre des séquences chocs, tournées par les nazis pour séduire les foules, il faut donc les mettre à distance, et avoir un commentaire suffisamment écrit pour le faire.»

Le problème est à mon sens bien là. A-t-on encore aujourd’hui besoin de préciser qu’Hitler est un salopard responsable de la mort de millions d’hommes, de femmes et d’enfants ? La peur du nationalisme, mérite t’elle qu’on utilise à notre tour les procédés les plus vils de la propagande dictatoriale ? (pour peu qu’Hitler, l’autrichien devenu chef de l’Allemagne soit le symbole du nationalisme …)

J’ai tendance à croire que montrer Hitler suffit à dégouter un être convenablement constitué. Je suis convaincu de plus qu’on ne repousse pas les périls contemporains avec des leçons d’histoire et que chacun est aujourd’hui suffisamment adepte de l’image et de sa manipulation pour déchiffrer une propagande qui en dénonce une autre. Je regrette qu’avec de tels procédés on dénature un message souvent vrai et exact en le rendant suspect. Non décidemment non, quand on est démocrate, tous les moyens ne sont pas « bons »… quelque soit le sens du terme.

 

 

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