J’ai rencontré le dernier pharaon d’Egypte

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Méhémet Ali
Méhémet Ali

Non chers amis je n’ai pas rencontré Hosni Moubarak mais plutôt, au travers de quelques centaines de pages brillamment rédigées par Gilbert Sinoué, Méhémet Ali, fondateur de l’Egypte moderne.

Albanais d’origine et grec de naissance, le “Ramsès des temps modernes” est un soldat de fortune, énergique et ambitieux, qui s’empara du pouvoir en 1805 et se fit reconnaître pacha d’Egypte par la Sublime Porte. Il est le fondateur de la famille qui régna sur l’Egypte jusqu’en 1952, date de la chute du roi Farouk.

Un destin immense et pourtant inachevé car Méhémet Ali ne sera jamais roi. Il n’arrivera jamais à conquérir l’indépendance tant recherchée de l’Empire Ottoman. Il est trahi par la frilosité politique d’une France où Napoléon et sa grandeur ne sont plus que de pâles souvenirs. Il est combattu sans vergogne par la perfide Albion pour laquelle « politique étrangère » ne peut rimer qu’avec bénéfices sonnants et trébuchants.

Mais revenons à l’origine. Nous sommes en 1801. Un homme né dans un port de Macédoine, petit négociant en tabac, ne sachant ni lire ni écrire, débarque dans la vallée du Nil. A force de persévérance, de choix éclairés, il se hisse à la tête d’une Egypte en proie à toutes les aventures depuis le départ des Français. Il devient en quatre ans, quelques trente siècles après Ramsès II, le dernier pharaon. Maître absolu, il réalise l’impossible, crée un empire qui s’étend du golfe Persique au désert de Lybie, du Soudan à la Méditerranée, se rapprochant ainsi des nues où trône son idole : Napoléon Bonaparte. Il frôle le destin de l’Empereur des Français quand son empire s’écroule, son trône vacille et sa lignée peine à survivre.

Méhémet Ali n’est pas qu’un conquérant. Tel son modèle, il fonde des écoles, des hôpitaux, un arsenal, des industries, la plus puissante armée de l’Orient, dote l’Egypte de plus de cent soixante kilomètres de canaux, fait planter plus de cent mille pieds d’oliviers et dix millions de mûriers aux frontières du désert. En tournant les pages on découvre les subtilités de la politique orientale des grandes puissances, le retournement de l’alliance française qui pose les jalons de ce que sera la politique étrangère de notre pays pour bien longtemps, ce suivisme et cette soumission au cabinet de Saint James. On s’enfonce dans cet empire Ottoman moribond soutenu par ceux là mêmes qui rêvent de le dépecer. On s’étonne de cette politique de développement culturel, économique et social de l’Egypte qui se fait sans les égyptiens engoncés depuis des siècles dans la soumission à l’étranger…

Méhémet Ali, c’est ce dernier pharaon que j’ai ainsi rencontré, celui à qui la France doit l’obélisque de la Concorde, celui qui a été à la base de la Nahda, la renaissance égyptienne du XIXe siècle; celui que Gilbert Sinoué fait revivre sous nos yeux, avec la rigueur de l’historien et le talent du conteur.

3 thoughts on “J’ai rencontré le dernier pharaon d’Egypte

    1. Il laisse à tous ses lecteurs de très heureux souvenirs … il y a bien longtemps j'étais resté émerveiller par la lecture du "livre de saphir"

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